Romans et Lectures - Blog de lecture

Chroniques littéraires, commentaires, critiques et fiches de lectures : bienvenue sur le blog de lecture de Calepin.

1 23 mai 2008

Face aux ténèbres - Chronique d'une folie - William Styron

William Styron relate dans ce petit opuscule sa descente dans l'enfer de la dépression, cette "désespérance au delà de la désespérance".

Couverture : William Styron - Face aux ténèbres

Non, je ne déprime pas et soyons franc, c'est le hasard qui a fait jeter mon dévolu sur ce petit livre. Je ne connaissais pas le thème du livre avant d'en entamer sa lecture... Je l'ai trouvé dans une bibliothèque amie, j'ai été attiré par l'auteur, la collection (Gallimard, Du monde entier) et par le titre. J'ai bien demandé à mon amie son avis sur ce livre : "Tu l'as lu celui-là ?" ; je n'ai eu en retour qu'un laconique "Oui, oui, il est bien, tu peux le prendre aussi...". (Bizarre, j'ai l'impression qu'elle a appuyé plus que nécessaire sur le aussi, je vais peut-être arrêter là mon hold-up sur sa bibliothèque...)

Bref. Je me lance avec une bonne humeur enthousiaste dans Face aux ténèbres... Et bien vite, je comprends qu'on ne va pas rigoler du tout avec William Styron, surtout lorsqu'il commence à dresser la liste de tous les artistes suicidés de sa génération...

Malgré cela, et même si le sujet du livre n'est effectivement pas facile, j'ai poursuivi ma lecture jusqu'au bout avec grand intérêt. Styron soutient la thèse que l'on ne peut décrire la dépression, qu'elle est du domaine de l'indicible, je pense cependant qu'il ne s'en sort pas si mal que ça (d'accord, ce n'est pas le premier venu non plus) et le livre a le grand mérite de nous faire ouvrir les yeux sur un mal trop souvent réduit au statut de quasi maladie imaginaire. Cet aspect pédagogique de l'oeuvre pourrait en faire une sorte de manuel bien utile à l'usage de l'entourage des malades, qu'ils pourraient ainsi peut-être mieux comprendre.

Styron tente également une analyse de l'étiologie et des symptômes de la maladie. On retiendra ses analyses sur le sentiment de perte qui pour lui caractérise la dépression ou l'absence d'espoir que ressent le malade.

"La perte de tout respect de soi est un symptôme bien connu, et pour ma part, j'avais pratiquement perdu tout sens de mon moi, en même temps que toute confiance en moi."

"C'est l'absence d'espoir qui plus encore que la souffrance broie l'âme."

Bien que le récit soit extrêmement sombre de  bout en bout, l'optimisme des dernières lignes finit par percer les ténèbres.


Commentaires

    Je suis arrivé ici avec La proie des flammes de Styron sous le bras.

    Posté par Pont des Arts, 20 juin 2008 à 16:13

Poster un commentaire