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21 30 juin 2008
Tokyo - Mo Hayder
Grey, une jeune anglaise d'une vingtaine d'année, se plonge dans les bas-fonds de Tokyo pour retrouver un ancien film, preuve unique des exactions commises par les Japonais à Nankin en 1937. Instillant au compte-gouttes les clés de l'intrigue, Mo Hayder nous tient en haleine tout le long du roman, pour enfin nous révéler les intimes secrets que cachent chacun de ses complexes personnages...
Comme vous pouvez le constater ci-dessus, Tokyo arbore en couverture, et en jaune comme il se doit, son statut de thriller, garantissant ainsi au lecteur amateur de sensations fortes le minimum de macabre frisson requis... Le côté irréel et contemporain du thriller habituel me permets personnellement d'accepter la plupart du temps de bonne grâce les inévitables violences qui en découlent. Je trouve cependant le cas de Tokyo un peu différent. En effet, celui-ci aborde un point d'histoire bien réel et très sensible, et du coup, on se demande où s'arrête la volonté d'exactitude historique et où commence le voyeurisme malsain lorsque l'auteur nous décrit des scènes de crimes difficilement soutenables... Les rapports ambigus de l'héroïne avec le sexe m'ont fait me poser la même question... Mais peut-être suis-je trop tatillon et ne vois-je simplement que le mal partout ?
Passé cette réserve, Tokyo, plus qu'un bon thriller, est un bon roman, de ceux qui accrochent le lecteur dès la première page pour ne plus le lâcher jusqu'à la dernière... La fin du roman notamment est particulièrement haletante et m'a tenu éveillé jusqu'à des heures indues. Le style est assez plaisant, ce qui ne gâche rien...
Certaines scènes sont cependant difficiles, Tokyo se penchant sur une des pages les plus sombres de l'histoire contemporaine. J'ai beaucoup apprécié la postface lucide et censée de Mo Hayder qui explique sa façon d'aborder cette partie historique et donne ses sources.
Après la lecture de Tokyo, j'ai souhaité moi-même me documenter, tant ce que j'avais lu me paraissait inconcevable. Mes recherches ont malheureusement confirmés la très probable véracité des faits historiques relatés dans Tokyo.
Curieux de savoir comment ce livre avait été accueilli par d'autres lecteurs, j'ai parcouru quelques blogs : dans l'ensemble il semble que Tokyo n'ait laissé personne indifférent et les avis sont majoritairement positifs voire enthousiastes. Pour s'en tenir aux blogs de lecture, Sentinelle le recommande (c'est d'ailleurs suite à son conseil que je l'ai lu : merci Sentinelle !) et Goelen a apprécié, mais le déconseille avant d'aller se coucher, Paulana compte bien relire Mo Hayder... Les amateurs de polar (MiKa, Polaroïne...) semblent avoir été conquis également.
Voici en annexe les liens vers Wikipédia pour en savoir plus sur ce qui s'est passé à Nankin en 1937, avec toutes les réserves d'usage sur les toujours possibles imprécisions de la célèbre encyclopédie collaborative. Il s'agit des articles sur les massacres de Nankin et sur les crimes de guerre japonais.
12 26 juin 2008
En manque d'inspiration sur la respiration...
En parcourant un forum de lecteurs, je suis tombé hier soir sur ce message :
"Bonjour à tous!
Je suis à la recherche de nouvelles, romans, poèmes, etc, ayant comme thème principal la respiration. Les documents me serviront lors d'une journée lecture/écriture organisée par une association de lutte contre la mucoviscidose. Tous les publics sont concernés. Je suis donc ouverte aux lectures jeunesses comme aux lectures adultes avec une portée plus philosophique et psychologique.
En espérant pouvoir partager ce souffle avec vous, Merci d'avance!
Plume"
J'aurai bien aimé rendre service à cette jeune fille, mais je sèche lamentablement...
Si l'un ou l'une d'entre vous se sent capable de relever ce petit défi, qu'il ou elle n'hésite pas à faire une proposition en commentaire ou en répondant directement au message sur le forum en question...
12 20 juin 2008
Passe ton tag d'abord
Les tags, comme les footballeurs sur les ondes, pullulent en ce moment sur la blogosphère. Pour ceux qui ne le savent pas encore, le tag n'est pas un mot-clé, ne signifie pas que le blogueur qui s'y prête souffre de Trouble Anxieux Généralisé (quoique) et n'a rien à voir avec les Transports de l'Agglomération Grenobloise. Un blogueur taggé est simplement un pauvre hère qui se plie de bonne grâce à une sorte de gage plus ou moins élaboré (enfin, si j'ai bien compris). Bref, pom vient de me refiler un tag dont la finalité reste pour moi presque aussi obscure que les prescriptions que voici :
Attrape le livre le plus proche
Va à la page 123 (ou 23 si short book !)
Trouve la 5ème phrase
Et recopie les 3 suivantes
Tagge 5 autres personnes
Bon. Je suis en train de lire Tokyo, de Mo Hayder. C'est donc logiquement le livre le plus proche. Ce qui donne...
"- Ca vous plairait, hein ? Pas vrai ? Vous aimeriez avoir un homme de vingt ans, hein ?"
Mouais. Certainement pas une phrase inoubliable. Et pas vraiment représentatif du bouquin...
Le plus gros travail est de trouver 5 blogs nons taggés... Ca devient vraiment difficile, puisque j'ai l'impression que tous les blogs que je fréquente l'ont déjà été...
Il me semble que sentinelle pourrait tenter cette expérience hors du commun à son retour de vacances. Pour les quatre autres, je laisse le soin à toute personne intéressée de reprendre le flambeau, m'épargnant ainsi fourbement une recherche qui s'annonce fastidieuse...
9 19 juin 2008
Into the wild - Voyage au bout de la solitude - Jon Krakauer
"Into the Wild" relate le périple d'un jeune américain idéaliste : Chris McCandless. Ce jeune homme, fils de bonne famille, quitte du jour au lendemain sa famille, ses études, pour vivre son idéal de vie, loin des contingences matérielles. Ainsi, il fait don de ses économies à une oeuvre caritative avant de partir pour l'aventure. Il sillonne d'abord les Etats-Unis, se contentant de petits boulots, puis met le cap vers l'Alaska où il décide de vivre en ermite, coupé de la civilisation. Malheureusement, dans son désir de vivre en complète autarcie, Chris commet quelques petites erreurs qui lui seront fatales...
L'auteur du récit, Jon krakauer, est un alpiniste renommé, auteur d'un ouvrage célèbre et quelque peu controversé : Tragédie à l'Everest. Il est également chroniqueur au magazine américain Outside. C'est dans cette revue qu'il a publié une chronique sur la découverte du corps de McCandless en Alaska, chronique qui avait déchaîné les passions à l'époque, beaucoup de lecteurs ayant reproché à l'auteur de prendre partie pour le jeune McCandless. En effet, beaucoup avaient trouvé que cette aventure risquée et mal préparée était l'oeuvre d'un jeune rêveur présomptueux et ne méritait pas son statut d'aventure humaine hors du commun...
Dans cet ouvrage, qui fait suite à l'article publié dans Outside, l'auteur tente d'analyser plus en profondeur la personnalité complexe de McCandless et essaie à la manière d'une enquête policière, de déterminer le vrai du faux dans le récit du périple du jeune homme. Il compare également cette aventure à son expérience d'alpiniste et à d'autres histoires similaires.
Cet ouvrage a été adapté au cinéma par Sean Penn. Je n'ai pas vu le film, mais il semble qu'il s'agisse d'un excellent film, avec paraît-il des paysages somptueux, un point que le style journalistique de Krakauer a cependant peiné à me faire représenter...
Le livre est parsemé de citations d'auteurs célèbres, McCandless étant un grand lecteur. Jack London semble notamment l'avoir profondément marqué, à tel point que je me demande s'il ne va pas falloir déconseiller cet auteur subversif au moins de 18 ans... :)
11 10 juin 2008
Tag ?
J'ai constaté ces derniers temps qu'un nouveau virus informatique dénommé "Tag" semble avoir touché nombre de blogs de lecture que je fréquente. Ce virus doit être particulièrement virulent, puisque je découvre ce matin, sur le blog de Sentinelle, que je suis déjà contaminé ! Je vais donc me prêter à l'exercice du tag (exercice d'auto-interview qui paraîtra bien curieux au lecteur non blogueur) et tenter de refiler l'agent pathogène comme il se doit...

Où et quand ?
Je suis un lecteur nocturne exclusivement. Je ne lis que sous la couette et tard le soir, achevant d'abîmer mes yeux déjà fatigués par de trop longues heures passées devant l'écran de mon ordinateur... Sauf en vacances, où je lis en plus pendant une grande partie de la journée. Je regrette de ne pas prendre plus souvent le train car je trouve que c'est un endroit propice à la lecture. Voyage et lecture font un mélange agréable.
Comment je choisis mes lectures ?
Je crois que le hasard tient une grande part dans mes choix de lecture. Mais depuis quelques temps, je suis plus influencé par ce que je lis sur les blogs de lecture. Sinon, je n'en suis pas spécialement fier, mais je suis également assez sensible à la couverture...
Mon style de lecture
Je lis des romans, essentiellement. Je lis un peu tous les styles mais je crois que je reviens régulièrement vers la littérature anglo-saxonne contemporaine. Comme Philo, je lis très peu de BD, et je me suis également arrêté aux classiques : je suis ainsi un inconditionnel des Blacke et Mortimer (à ce propos, je suis vraiment navré des messages négatifs de Nicolas sur la série, pourtant, on ne peut pas lui reprocher de persévérer...). Je lis également de temps en temps des ouvrages sur les échecs (une autre de mes passions) qui ne sont pas aussi indigestes que l'on pourrait imaginer (la vie des grands joueurs d'échec vaut souvent un bon roman).
Ce que j'attends de mes lectures
J'attends énormément de mes lectures, et même certainement trop... Bladelor parle de quête du Graal, je trouve que la formule est bonne.
Mes petites manies
Je lis toujours avec un crayon à proximité (d'où le choix de mon pseudo ?) et je parsème le bout de papier toujours trop petit qui fait office de marque-page des numéros de pages qui m'ont interpellées, faisant rapidement ressembler le-dit morceau de papier à une grille de loto... Je trace au crayon dans les bordures des livres des petites accolades à coté des phrases qui me plaisent, mais comme je suis très maniaque avec les livres, ces traces de crayons sont quasiment invisibles...
Voilà. Je refile le bébé à Fab qui sauf erreur de ma part n'a pas encore été contaminée.
0 09 juin 2008
Le goût de la mère - Edward St Aubyn
"Pourquoi avaient-ils feint de le tuer au moment de sa naissance ?" C'est sur cette phrase volontairement provocatrice que débute "Le goût de la mer" de Edward St Aubyn. Et l'auteur de poursuivre sur sa lancée et sur plusieurs pages une description brillante des premiers instants de la vie d'un nourrisson. Si brillante, qu'elle en est troublante, comme si St Aubyn n'avait jamais perdu ces souvenirs de petite enfance à jamais disparus pour le commun des mortels.

Malheureusement, St Aubyn semble avoir pris un départ trop rapide : Il s'essouffle un peu dans la suite du récit et donne par moment le sentiment de s'égarer dans les interrogations existentielles de Patrick, avocat déprimé et père du bambin.
Ce personnage du père, qui prend une place importante dans le roman, semble présenter les symptômes les plus aigus de la crise de la quarantaine (à moins que ce soit de la cinquantaine, j'ai un doute maintenant) : il déprime (décidément, je n'en sors pas, après avoir lu William Styron, il y a peu), il trompe sa femme Mary, il boit bien plus que de raison, et tourne jusqu'à l'obsession ses interrogations sur l'éducation, la vie, la mort, les relations père-fils, fils-mère, homme-femme.
A proposé de fils : pourquoi les auteurs, lorsqu'ils introduisent un personnage d'enfant dans un récit, en font-ils systématiquement un génie ? (Ici Robert, agé de 4 ans environ, et dont j'envie les traits d'esprit...)
En revanche, St Aubin écrit vraiment bien, et on se régale de comparaisons parfois hardies mais qui font mouche, de traits d'humour vraiment excellents, et malgré tout de réflexions eminemment sensées et pertinentes et d'une critique très fine de notre société mercantile et narcissique. A ce propos, je croyais que l'anti-américanisme primaire était une spécialité française, mais St Aubyn nous donne des leçons sur le sujet :
"Le reste du pays n'est qu'une masse de gens dans de grosses bagnoles qui se demandent ce qu'ils vont manger la prochaine fois. Quand tu loues une voiture, tu comprends qu'il s'agit en réalité d'une salle à manger ambulante, munie d'une quantité de petites tables et de porte-bouteilles. C'est une nation d'enfants affamés avec de véritables armes à feu. Soit tu sautes sur une bombe, soit tu exploses avec une pizza Vesuvio. C'est absolument terrifiant."
Petit post-scriptum/clin d'oeil pour les blogueurs et blogueuses : St Aubyn n'a pas fait du personnage de Patrick un blogueur, il y a cependant dans Le goût de la mer un court mais habile passage traitant de sa pile de lecture, passage que les maniaques des empilages de livres que vous êtes sauront apprécier à sa juste valeur...
16 02 juin 2008
L'angoisse de la pile à lire vide
Finalement depuis peu de temps sur la "blogosphère" ou "blogoboule" de lecture, j'ai peu à peu pris conscience de l'importance que revêtait la "pile à lire" ou PAL ou PàL chez les blogueurs et blogueuse de la dite blogosphère (une idée confortée par la lecture de ce message aujourd'hui et qui m'a d'ailleurs inspiré celui que vous avez sous les yeux).
Je ne voudrais pas tomber dans les excès d'un concours de "celui qui a la plus grande" (je sais que l'on est sur un blog de mec, mais tout de même, un peu de tenue messieurs), mais je vous glisse une petite photo de la mienne (de pile de lecture) afin de vous démontrer que plus que la volonté de juguler l'angoisse d'un jour sans lecture, la pile de lecture n'est rien d'autre que la manifestation d'un plaisir enfantin refoulé de type empilage de lego.

















