Romans et Lectures - Blog de lecture

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06 août 2008

Fight Club - Chuck Palahniuk [suite]

"La deuxième règle du fight club est : il est interdit de parler du fight club."

Alors, je vous refais le coup de mon précédent billet ?

Il est bien gentil Tyler Durden, le double nocturne du héros de Fight Club et auteur de ce règlement, mais j'aimerais bien tout de même dire deux ou trois mots sur le roman de Chuck Palahniuk...

Fight Club - Chuck Palahniuk - Couverture

"On se trouve pris au piège de son adorable nid d'amour, et les choses qu'on possédait, ce sont elles qui finissent par nous posséder."

"La publicité les fait tous courir après des voitures et des vêtements dont ils n'ont pas besoin. Ils travaillent dans des métiers qu'ils haïssent, par générations entières, uniquement pour pouvoir acheter ce dont ils n'ont pas vraiment besoin."

Fight Club est donc une critique musclée et radicale de notre société de consommation. Tyler Durden, le double du héros de Fight Club, propose une solution radicale à notre dépendance vis-à-vis des objets : le nettoyage à la dynamite.  Et on comprend bien vite que sa solution pour débarrasser la planète de l'ensemble de ses travers passe par ce genre de solutions radicales... En fait, la solution de Tyler à tout problème semble être la destruction et l'autodestruction. On fait place nette et on repart de zéro...

"A l'époque, ma vie me donnait l'impression d'être trop complète, et peut-être qu'il nous faut tout démolir pour faire quelque chose de mieux de nous-mêmes."

Mais si l'on peut à la limite comprendre cette volonté de destruction dans une logique anti-consumériste anarchique, on comprend moins lorsque le héros veut détruire la terre entière...

"Je voulais détruire tout ce que je n'aurais jamais de beau. Bruler les fortes amazoniennes. Pomper les chlorofluorocarbures droit vers le ciel pour gober tout l'ozone. Ouvrir les vannes de purge des super-pétroliers et détacher les têtes des puits de pétrole en haute mer [...]."

Et l'on ressent toute la complexité du personnage, une complexité que Palahniuk a matérialisée en créant ce double de son héros, avec d'un côté un autodestructeur motivé par ses pulsions suicidaires et de l'autre un double destructeur dogmatique motivé par une idéologie révolutionnaire et anarchique en la personne de Tyler Durden, une sorte de Dr Jekyll et Mr Hyde moderne.

Il est à noter que l'écologie a également sa place dans Fight Club, mais le sujet est également traité sur un mode radical...

"Le recyclage et les limitations de vitesse sont de la connerie, a dit Tyler. Comme quelqu'un qui cesserait de fumer sur son lit de mort."

"Le Projet Chaos va forcer l'humanité à se mettre en sommeil  ou en rémission suffisamment longtemps pour que la terre récupère de ses maux."

Anarchique, révolutionnaire, nihiliste, punk ? Je ne sais quel adjectif correspond le mieux à ce roman hors-norme, drôle et violent, au style haletant comme les combats qui le parsèment. Un roman que j'ai personnellement bien aimé, mais que je ne conseillerai cependant qu'avec précaution tant il peut être dérangeant...

Fight Club a été porté à l'écran par David Fincher en 1999, une adaptation très réussie avec un Brad Pitt  convaincant en Tyler Durden. En commentaire du précédent billet sur Fight Club, certains d'entre vous se demandaient s'il y avait un intérêt à lire ce roman après avoir vu le film et donc en connaissant la fin. Il faut donc savoir que le film ne respecte pas la fin du livre...

Brad Pitt - Edward Norton - Film Fight Club

Du côté des blogs de lecture, Fantasio a également bien aimé ce roman. Constance n'a pas accroché, mais elle est apparemment tombée sur une mauvaise traduction (avec la palme attribuée à club la Cogne pour traduire fight club...)

PS : j'ai eu du mal de trouver ce roman en librairie, car il était étrangement classé en science-fiction, à la différence des autres ouvrages de Palahniuk (un point qui a également étonné Fantasio).