Romans et Lectures - Blog de lecture

Chroniques littéraires, commentaires, critiques et fiches de lectures : bienvenue sur le blog de lecture de Calepin.

13 novembre 2008

La souris bleue - Kate Atkinson

Ne vous méprenez pas (comme je l'ai fait) sur le sujet du roman de Kate Atkinson. Son titre enfantin et sa couverture bleu-layette, ne doit pas vous faire oublier qu'il s'agit bien d'une enquête policière et que vous ne serez donc pas à l'abris des habituelles scènes de violence inhérentes au genre (le livre pourrait être classé dans la catégorie "thriller", même si je n'aime pas trop cette appellation souvent un peu réductrice pour un roman)...

Mais réduire ce roman à l'enquête du détective Brodie serait également injuste. Car derrière ces affaires de crimes ou de disparitions d'enfants qu'il cherche à élucider, se cache (entre autres choses) une réflexion sur l'amour parental dans ce qu'il peut avoir de plus merveilleux mais aussi de plus terrible.

La Souris Bleue - Kate Atkinson - Couverture

Deuxième chapitre. Page 50. Ma lecture de "La souris bleue" s'était plutôt bien déroulée jusque là. Une écriture plaisante, de l'humour, il me semblait alors être tombé sur une parodie des travers de la vie familiale certes grincante mais plaisante et plutôt drôle. Quand soudain je lis : "... lui sectionna la carotide et fit jaillir un immense panache de son précieux et splendide sang." Nettement moins drôle tout d'un coup.

Chapitre suivant. Même topo. Sans prévenir, une jeune maman désemparée trucide son compagnon d'un coup de hache en plein crâne. Ce coup que je n'avais pas vu venir (comme ledit compagnon trucidé, mais avec des conséquences moins définitives en ce qui me concerne) ainsi que le précédent m'ont donc fait progressivement reconsidérer ce roman pour le basculer de la catégorie "parodie sociale" à la catégorie "roman policier atypique"...

Car "La souris bleue" est une enquête, plutôt classique d'ailleurs, mais pas seulement. Personnellement, j'ai d'ailleurs considéré l'enquête comme un élément un peu secondaire, une sorte de trame pour poser les personnages et broder autour. J'espère seulement qu'il s'agissait d'une volonté de l'auteure, sinon elle peut considérer son roman policier comme un échec...

En revanche, les personnages sont plutôt sympathiques. J'ai bien aimé le détective Brodie, certes assez classique dans son côté bourru et malchanceux, mais bien posé et plutôt crédible dans ses angoisses de père.

Car dans ce roman, les parents sont angoissés. Particulièrement les papas, (non pas que les papas soient plus angoissés, mais il s'avère que les deux personnages principaux de ce roman sont des papas). Et cette angoisse est plutôt bien dépeinte. Elle est parfois implicite, parfois beaucoup moins, ce qui donne des scènes ou des dialogues assez cocasses (je suppose cependant que pour des lecteurs n'ayant pas d'enfants, l'effet comique sera largement atténué...)

Au final, le roman est plutôt plaisant, grâce au ton décalé et aux personnages, plutôt bien campés. On notera cependant quelques passages violents et des scènes très crues (vous voilà prévenus). De plus, le récit comporte pas mal de références à des films américains et surtout à des émissions ou des séries TV anglaises, qui parleront peu à un lecteur francophone (quelques explications en note de la part de l'éditeur ou du traducteur à chaque fois).

Du côté des blogs de lecture, vous pouvez également lire les avis de Sophie, Jules ou Solenn qui ont été plutôt enthousiasmées par ce roman.