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30 26 février 2009
Le générateur de PAL : des idées de lecture en deux clics !
22 23 février 2009
L'étrange histoire de Benjamin Button - Francis Scott Fitzgerald
Pas de baby-sitter, pas de ciné. En attendant de voir "L'étrange histoire de Benjamin Button" au cinéma, film plutôt bien accueilli par la critique, j'ai pris le parti de patienter en lisant ce week-end la nouvelle de Francis Scott Fitzgerald (interrompant par la même occasion mon auto-challenge de lecture en cours, honte sur moi, mais il y a toujours ici ou là un article tentateur sur les blogs de lecture pour vous faire oublier vos bonnes résolutions...).

Profitant de la publicité inattendue pour cette nouvelle de 1921, Folio la réédite en même temps qu'une deuxième nouvelle, "La lie du bonheur". Cette édition est vendue 2 euros, à comparer avec l'édition Pocket à 1 euro 50 dans laquelle on trouve "Un diamant gros comme le Ritz". Je ne suis pas certain d'avoir fait le meilleur choix sur ce coup-là...
J'ai été étonné de trouver dans la deuxième nouvelle, 'La lie du bonheur", une phrase qui pourrait résumer mon impression après la lecture de "L'étrange histoire de Benjamin Button" : "Quand vous auriez lu le tout, vous concluriez que ce n'étaient pas des chefs-d'oeuvre, mais des récits assez amusants, un peu démodés maintenant, sûrement aptes à fournir une distraction agréable durant une morne demi-heure d'attente chez le dentiste." C'est bien sûr un peu dur, mais pas si éloigné de la réalité. Cette histoire d'un homme qui naît vieux et rajeunit jusqu'à mourir nourrisson, est une fable originale, mais l'histoire m'a semblé manquer... de profondeur. J'imagine que le format explique en grande partie cette impression : les personnages sont peu détaillés et semblent froids, sans consistance, et je suis un peu resté sur ma faim. De plus, le ton est caustique, mais pas vraiment drôle. Finalement, la lecture de "La lie du bonheur" a été plus prenante...
J'ai lu cette nouvelle pour tempérer mon impatience de voir le film, mais voici maintenant que je me demande comment David Fincher a pu faire un film de deux heures et demie avec une nouvelle si brève, et un bon film semble-t-il... Il faut vraiment que je trouve une nouvelle baby-sitter.
"L'étrange histoire de Benjamin Button" de Francis Scott Fitzgerald
Gallimard, Folio, 103 pages, 2 €
33 18 février 2009
Des souris et des hommes - John Steinbeck
En ces temps de crise, il y a plusieurs attitudes possibles pour choisir ses lectures : la première est de ne rien changer à ses habitudes et de piocher dans sa PAL, la deuxième est de lire des romans légers pour s'évader, la troisième est de choisir des sujets particulièrement graves, histoire de se prouver que tout ne va pas si mal. J'expérimente en ce moment les trois méthodes, passant allègrement de la chick lit au roman nord-américain d'après crise de 1929. Et dans le genre, "Des souris et des hommes" de John Steinbeck, n'est pas loin d'être ce que l'on fait de mieux.
Faut-il vraiment faire un résumé d'un classique ? Oui ? Bon. George Milton et Lennie Small sont deux amis d'enfance parcourant la Californie (dont Steinbeck est originaire) de ranchs en ranchs (orthographiés ranches dans le livre) pour y travailler aux champs comme journaliers. Une puissante amitié lie ces deux hommes si différents : George est vif et petit, Lennie est un géant d'une force inouïe avec un coeur d'enfant. Les deux amis, à force de travail, espèrent avoir accumulé bientôt un pécule suffisant pour mener enfin une vie tranquille et heureuse dans leur propre ranch, mais le destin en décidera autrement...
Le titre du roman est emprunté à un poème de Robert Burns : "Les plans les mieux conçus des souris et des hommes souvent ne se réalisent pas". Il fait aussi allusion à Lennie, qui prend un plaisir enfantin à caresser les animaux ou les objets soyeux, le velours ou les souris...
Je devrais dire ici combien ce livre m'a touché, comment Steinbeck, en si peu de pages, parvient à faire ressentir tant de choses, l'amitié, la misère, la beauté, la souffrance, mais après avoir lu l'excellente préface de mon édition, je me dit qu'il vaut mieux m'en tenir là, et me contenter de citer Kessel : "Certains auteurs de l'Amérique du Nord disposent d'un secret impénétrable. Ils ne décrivent jamais l'attitude et la démarche intérieures de leurs personnages. Ils n'indiquent pas les ressorts qui déterminent leurs actes. Ils évitent même de les faire penser [...]L'écrivain s'est borné à reproduire les contours les plus simples, à répéter des paroles banales et vulgaires. Et à travers cette indigence, cette négligence barbares, il accomplit le miracle.[...]Un art singulier nous conduit à combler les vides et les blancs du dessin. Nous achevons le travail du romancier. Nous complétons le canevas. Nous remplissons la trame." Il faut vraiment lire cette préface (et ne pas se contenter de ces extraits qui altèrent un peu le propos).
Ceci dit, on ne peut non plus résumer "Des souris et des hommes" à ses rudes dialogues. Il y a tout de même quelques descriptions. Elles sont rares, mais ce sont de petits joyaux de concision et de justesse. Je vous cite un extrait de la description de Slim, le roulier : "Son visage en lame de couteau n'avait pas d'âge. Il aurait pu avoir trente ans aussi bien que cinquante. Ses oreilles entendaient plus qu'on ne lui disait, et sa parole lente avait des nuances, non de pensée, mais de compréhension au-delà des pensées. Ses mains, grandes et minces, se mouvaient aussi délicatement que des mains de danseuse sacrée."
J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge de lecture "Crisis".

Comment ? Vous ne connaissez pas ce challenge de lecture ? Ne cherchez pas, ce challenge n'existe pas. En fait, je m'auto-challenge. Les challenges de lecture circulant sur internet étant bien trop contraignants pour moi, je me crée des challenges de lecture "light", avec deux ou trois livres. Si cela vous intéresse, sachez que le challenge "Crisis" consiste à lire d'affilée trois romans (oui, je suis ambitieux sur ce coup) traitant de la crise de 1929, des grands mouvements sociaux, de la fin du monde, enfin vous voyez l'esprit. Le véritable défi est de tenir psychologiquement jusqu'au bout des trois lectures. Je projete ainsi de poursuivre avec "Les raisins de la colère" du même Steinbeck, et de finir par exemple par "Ravage" de Barjavel. A moins que je ne relise "Germinal"...
"Des souris et des hommes" de John Steinbeck
Gallimard, Folio, 189 pages, 3.70 €
12 16 février 2009
Le piège diabolique - Edgar Pierre Jacobs [BD]
Je ne suis pas un véritable amateur de BD. Les vrais amateurs de BD lisent Winshluss, Gally ou Bastien Vivès. Autant d'auteurs que l'on peut, semblerait-il, croiser au festival d'Angoulême, mais qui, à ma grande honte, sont pour moi de parfaits inconnus... Je suis en fait un amateur de BD archaïque, resté bloqué sur ses lectures adolescentes... Parmi celles-ci, ma préférence va sans conteste à la célèbre série des "Aventures de Blake et Mortimer" de Edgar Pierre Jacobs.
Ma collection de Blake et Mortimer "d'époque" (éditions du Lombard des années 80, dans un format un peu plus petit que les éditions actuelles qui me plaisent moins), trône en bonne place dans ma bibliothèque, à l'abri de la lumière direct du soleil qui pourrait altérer leur fragile couverture et suffisamment en hauteur pour rester inaccessible aux petites mains enchocolatées de ma jeune progéniture avide de livres colorés (ils auront le droit d'y jeter un coup d'oeil lorsqu'ils seront capables de lire Tchoupi dans le texte...).
Mais la passion m'égare. Que dire sur "Le piège diabolique", sinon qu'il s'agit pour moi du chef-d'oeuvre de Jacobs, aussi bien d'un point de vue du graphisme que du scénario. Dans ce volume, Jacobs (et toute son équipe, car il ne travaillait pas seul...) a atteint la pleine maitrise du dessin, bien plus fin et détaillé que dans les premiers volumes de la série (je pense notamment au "Secret de l'Espadon", qui a moins bien vieilli...). Cette histoire, inspirée de "La machine à remonter le temps" de H.G. Wells, que Jacobs a eu la bonne idée de condenser dans un seul volume, tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page.
On notera dans "Le piège diabolique" que Jacobs imagine les français du futur archi-nuls en orthographe (voir l'illustration ci-dessous) : une vision prophétique d'une incroyable justesse pour une histoire publiée en 1962, et d'actualité lorsque l'on considère le niveau en orthographe des lycéens d'aujourd'hui, sur-entraînés au langage SMS (peut-être avez-vous entendu parler de la publication cette semaine des résultats de cette dictée infligée en 2007 à un peu plus de 1000 élèves de seconde et qui s'est soldée par un zéro pointé pour deux lycéens sur trois...).

@ 2008 Editions Blake & Mortimer / Studio Jacobs n.v DARGAUD - LOMBARD s.a
Je relis périodiquement et avec un plaisir intact cette BD, mais n'ai pas encore réussit à déterminer ce qui expliquait cet attrait. Est-ce la quantité de texte, inhabituelle pour une BD, qui correspond à ma sensibilté de lecteur de romans ? Le mélange de fantastique et de science-fiction ? Un dessin indémodable ? Une forme de nostalgie de l'adolescence ? Peut-être un peu de tout cela. Il semble cependant que je ne soit pas le seul lecteur insensible au charme de cette série, puisque le dernier tome (que je n'ai pas lu : fallait-il vraiment poursuivre l'oeuvre de Jacobs ?...) "Le sanctuaire de Gondwana" (ce titre...), est la deuxième BD la plus vendue en 2008 avec plus de 600.000 exemplaires...
12 12 février 2009
Après la musique et la vidéo, le livre à la demande
Voici une petite vidéo montrant le fonctionnement de la nouvelle version de l'Espresso Book Machine, une machine à fabriquer des livres mise au point aux Etats-Unis en 2007, en activité dans certaines bibliothèques universitaires américaines depuis 2008 et qui fait parler d'elle dans les milieux de l'édition (notamment ici ou là). On en trouve quelques exemplaires aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, en Angleterre et même en Egypte (un exemplaire à la bibliothèque Alexandrina). La machine imprime et relie à partir d'une source numérique de votre choix, et réalise le travail en quelques minutes (100 pages/minutes) pour un coût modique. La solution pour adapter le livre aux désirs de l'utilisateur ? On imagine déjà des couvertures personnalisées, des compilations d'ouvrages, le choix des couleurs, des tailles de caractères adaptées au mal-voyants, etc. Plus d'infos sur le site du constructeur.
20 11 février 2009
Un bonheur insoupçonnable - Gila Lustiger
"Whaou, ils ont de belles couvertures maintenant les romans de chick lit !" dis-je à ma chère et tendre, visant sur son chevet un livre à la couverture certes rose, mais inhabituellement pastelle pour le genre... Et elle de répondre : "Et tu n'as pas vu les illustrations à l'intérieur... et ce n'est pas de la chick lit, c'est Un bonheur insoupçonnable de Gila Lustiger !" Intrigué, je me saisis de l'objet, le feuillette afin d'avoir un aperçu de ces fameuses illustrations, puis sans grande conviction, entreprends de lire quelques lignes de ce roman d'apparence bien féminine à mon goût... J'étais déjà happé par l'écriture simple et rafraichissante de Gila Lustiger, lorsque me parvint un "Je ne l'ai pas fini, mais tu peux le lire si tu veux..." mi-amusé, mi-résigné...
"Un bonheur insoupçonnable" est donc un roman un peu inhabituel par sa couverture, par quelques fantaisies typographiques, des notes de bas de pages à rallonges et par ces fameuses illustrations. Imposer des images à l'imaginaire d'un lecteur de romans me semble un peu risqué (je précise "de romans" car cela doit moins perturber un lecteur de BD...), mais dans mon cas, cela n'a pas vraiment gêné ma lecture. Comme je suis trop fainéant pour vous scanner une de ces illustrations (sans compter les insolubles questions de droits d'auteur que cela soulèverait) je vous donne l'adresse du blog de l'illustratrice, Emma Tissier.
Les personnages principaux de ce roman sont M. Grindberg, sa femme de ménage Mirabella et cinq collégiens, Mathilda, Paul, Simon, Lucas et Juliette... et Holstein, la chienne de M. Grindberg. Pas facile à résumer ce roman : M. Grindberg est un vieux garçon un peu excentrique, Paul est inconsolable depuis le décés de sa grand-mère, Mathilda voudrait que Paul soit heureux, Mirabella est amoureuse de M. Grindberg (et oui, il y a même une histoire d'amour) et il est question d'un mystérieux "Livre des questions" que s'échangent les enfants... En fait, Gila Lustiger réussit le grand écart entre récit pour les plus jeunes et roman philosophique. Des pensées désarmantes de la petite Mathilda à la dialectique de Socrate, l'apparente simplicité du style doit cacher des "pensées profondes", (comme dirait Muriel Barbery) dont la moitié ont dues m'échapper, mais cette fugitive impression n'a en rien gâché le plaisir que j'ai éprouvé à la lecture de ce roman, également apprécié par Cuné, Cathulu et Leiloona.
"Un bonheur insoupçonnable" de Gila Lustiger (2008)
Stock,191 pages, 17 €
22 05 février 2009
S'informer des dernières parutions de livres par les flux RSS
Pour vous informer des dernières parutions et choisir vos lectures, il existe de nombreuses solutions : lire les blogs de lecture (sans conteste la meilleure solution possible...), vous rendre chez votre libraire ou votre bibliothécaire préféré(e), parcourir les sites de vente de livre en ligne, lire la presse littéraire... mais avez-vous pensé aux flux RSS ?
Si vous ne connaissez pas ces flux, j'ai sélectionné pour vous quelques adresses diffusant des listes de livres régulièrement actualisées :
Les libraires en ligne :
Les librairies en ligne diffusent des flux RSS de leurs nouveautés : un bon moyen pour se tenir au courant des dernières parutions. Les listes publiées peuvent également être classées par thèmes.
Le flux des nouveautés roman et nouvelles de la Fnac
Le flux des coups de coeur roman et nouvelles de la Fnac
Le flux des nouveautés sur Amazon
Le flux des meilleures ventes de livres sur Amazon
Le flux des nouveautés sur Evene
Édition du 6 février faisant suite au commentaire d'Alain :
Le flux des nouveautés sur Bibliosurf
LibraryThing :
Parmi les nombreuses fonctionnalités de LibraryThing (lire ceci si vous ne connaissez pas ce site), on peut avoir accès à des flux RSS pour chaque mot-clé utilisé par ses membres. Une bonne idée. Seul problème : ça ne fonctionne pas... En attendant, vous pouvez vous rendre sur cette page, apprécier l'humour en vigueur sur LibraryThing, saisir dans le formulaire de recherche votre mot-clé et observer le résultat affiché sur une bonne vieille page web. Vous pouvez essayer les mots-clés roman français, nouvelle, actualité ou capilliculture.
Les bibliothèques et les éditeurs :
En faisant cette petite recherche, j'ai été surpris de ne pas trouver de flux diffusés par les bibliothèques ou par les éditeurs. Les bibliothèques pourraient diffuser les flux de leurs dernières acquisitions. De même, les éditeurs pourraient diffuser le flux de leurs nouveautés. Pour les bibliothèques, il a fallu que je me rende au Canada (merci internet) pour trouver de tels flux. Pour les éditeurs, je n'ai trouvé que le flux des nouveautés de l'éditeur Hachette. Peut-être suis-je simplement passé à côté des bonnes adresses de flux décidément bien cachés : n'hésitez pas à me les communiquer en commentaire.
Il suffit de vous abonner à tous ces flux par l'intermédiaire de votre lecteur préféré, et à vous les listes de livres régulièrement mises à jour et les dernières parutions en temps réel ! Un tuyau qui ravira je n'en doute pas les nombreux LCA (Lecteurs Compulsifs Anonymes) qui parcourent ce blog...
39 02 février 2009
La petite fille de Monsieur Linh - Philippe Claudel
Il y a des auteurs qui ont le chic pour réussir leur incipit. D'entrée de jeu, ils visent droit au coeur. Philippe Claudel est de ceux-là. Avec son roman, "La petite fille de Monsieur Linh", le fameux "contrat de lecture" (une bien vilaine expression), est signé dès la première phrase :
"C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul à savoir qu'il s'appelle ainsi car tous ceux qui le savaient sont morts autour de lui."
"La petite fille de Monsieur Linh" est un roman minimaliste. Peu de pages, petits chapitres, phrases courtes et surtout un minimum de détails sur les personnages ou les lieux du roman. On retrouve le procédé dans "Le rapport de Brodeck", mais légèrement moins prononcé. Cette apparente mauvaise volonté de l'auteur à répondre à la curiosité légitime de son lecteur (par définition, un lecteur est curieux non ?), est cependant plus qu'un effet de style : elle donne au roman son caractère de parabole, et accessoirement, donne libre cours à votre imagination...
Dans la première moitié du roman, Monsieur Linh fait la connaissance de Monsieur Bark. Bien que ne se comprenant pas, ils deviennent amis. Cette première partie, mêlant les souvenirs souvent douloureux des deux hommes et des moments d'amitié simples et touchants, est un petit régal de sensibilité et de légèreté.
En revanche, la deuxième moitié du roman est plus oppressante, très "Vol au-dessus d'un nid de coucou", et happe le lecteur jusqu'à son dénouement, qu'on espère de tout son coeur heureuse, mais que bien sûr... mais n'en disons pas trop sur la fin du roman, poignante, mais aussi très surprenante...
Sur les blogs de lecture, les commentaires sur ce livre sont généralement positifs. Fantasio (grand fan de Claudel), Philo, Tamara, Lillounette, Karine, Sylvie, Fashion, Papillon, Kalistina, Le Bibliomane, Cathe, Solenn, Amanda ont aimé. Jules n'a pas aimé (et se sent un peu seule tout d'un coup... ;).
"La petite fille de Monsieur Linh" de Philippe Claudel
Le livre de poche, 2005, 184 pages, 5.50 €



















