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4 16 mai 2009

Il était une fois peut-être pas - Akli Tadjer

Mohammed est gaga de Myriam, sa fille. Il la cajole, la protège, lui raconte des histoires. Myriam a 20 ans, mais quand on aime, on ne compte pas. Quand Myriam présente Gaston à Mohammed, on ne peut pas dire que ce dernier soit franchement emballé. Il le sera encore moins, lorsque Myriam lui demandera d'accueillir Gaston et de veiller sur lui...

"Elle a continué à rire. J'ai continué à me moquer de son gus.
-Un français de souche que tu es allée me pêcher. Un noir, un jaune, même un bronzé comme nous, j'aurais fermé les yeux, mais un Gaston Leroux, blanc comme la cuvette des chiottes, franchement, tu te fiches de moi.
-Tu m'as appris que la beauté venait de l'addition des antagonismes. il n'y a pas plus différent que Gaston et moi. Tu devrais être content. Il ne suffit pas d'avoir des belles idées. Il faut les assumer.
Elle a calé sa tête sur mon épaule. J'entendais battre son coeur.
-Qu'est-ce que je vais faire de lui ? j'ai demandé."

Il était une fois peut-être pas - Akli Tadjer

"Il était une fois peut-être pas" commence donc légèrement, avec cette histoire somme toute classique de possible beau-père forcé de partager son quotidien avec un possible gendre. Une impression de légèreté renforcée par le ton du narrateur, plein d'humour et de "gouaille parigote" : cela donne une écriture un peu familière, mais imagée et vivante : on aime ou pas.

La confrontation Gaston/Mohammed pour véhiculer un message de tolérance peu paraître un peu facile et caricaturale, mais elle constitue une trame suffisamment solide pour le roman. Celui-ci gagne en profondeur et en gravité avec ces fameux contes et légendes qui donnent son titre au roman et par lesquels font irruption dans le récit des faits historiques souvent tragiques et violents : le décret Crémieux, les horreurs de la guerre d'Algérie, les violences du GIA dans les années 80...

Une gravité toute relative, si l'on considére encore une fois le style du narrateur. Voici un extrait (Mohammed relate des faits qui se déroulent à la fin du 19ème siècle) : "De son côté Simon qui ne se résolvait pas à son job de régisseur, draguait sans vergogne sa patronne. Et ce n'était pas les râteaux à répétition qu"il se gauffrait qui le dissuadaient de lâcher la partie..."

A propos du style, cet autre extrait : "Moi je préfère Mohammed. Lui il parle avec des mots d'aujourd'hui. Ca va vite, il fait swinguer les phrases et les mots d'argot. Toi, tes mots ils sentent la naphtaline, a miaulé Lucifer". Affaire de goûts bien sûr. En ce qui me concerne, et même s'il peut s'agir d'une vision un peu archaïque de la littérature, je n'ai rien contre la légère odeur de naphtaline de mots bien établis, voire un peu désuets, qui savent tout aussi bien "swinguer" lorsqu'il le faut...

"Il était une fois peut-être pas" de Akli Tadjer (2009)
Editions JC Lattès, 326 pages, 17 €

Un roman lu dans le cadre du Prix de la Révélation auFeminin.com
"Il était une fois peut-être pas" fait partie des quatres romans finalistes pour le prix.


Commentaires

    En voilà une belle histoire ! J'aime bien l'extrait que tu as choisi. Merci pour cette découverte, je vais me renseigner de plus près !

    Posté par Neph, 16 mai 2009 à 11:11
  • Je l'ai noté dans ma LAL il y a quelques semaines, je le prends à ma prochaine virée en librairie je pense.

    Posté par Stephie, 16 mai 2009 à 12:22
  • J'avais retenu de cette lecture la citation suivante: "Il n'y a pas de race pure, il n'y a que la bêtise humaine qui le soit". Et toc, on a envie de rajouter.

    Posté par A_girl_from_eart, 16 mai 2009 à 16:51
  • Ca ne me tente pas (pour une fois !)

    Posté par liliba, 17 mai 2009 à 17:17

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