25 29 mai 2009
La solitude des nombres premiers - Paolo Giordano
Mattia et Alice sont deux adolescents au même passé douloureux : Mattia se sent responsable de la disparition de sa soeur jumelle et en garde les stigmates, Alice met sur le compte de son père le grave accident de ski dont elle garde les séquelles physiques et morales. Tous deux ont été transformés par ces drames, qui les rendent solitaires et uniques, comme les nombres premiers...
"La solitude des nombres premiers" est le premier roman de l'italien Paolo Giordano, jeune auteur (photo ci-dessous pour vous mesdames...) né en 1982, diplômé en physique théorique. On ne pourra s'empêcher de penser qu'il y a un peu de Paolo dans le personnage de Mattia, jeune scientifique talentueux et replié sur lui-même.

Ce roman a rencontré un grand succès en Italie et a valu à son auteur le prestigieux Prix Strega en 2008, un prix dont la liste des lauréats pourrait enrichir aisément votre Liste de Lectures... En France, il a été accueilli de manière plutôt enthousiaste par les blogs de lecture. Alors, que penser de ce roman ?
Commençons par le plus évident : l'écriture. Elle est limpide et il faut reconnaître que Paolo Giordano a un indéniable talent pour décrire les sentiments avec des mots simples et justes. Les atmosphères sont également clairement reproduites, les ambiances sonnent juste.
En revanche, le récit frôle tout de même dangereusement le mélodrame... Dépeindre les affres de l'adolescence et la difficulté de communiquer par le biais d'une jeune fille anorexique et d'un surdoué asocial dont la soeur est handicapée mentale... n'est-ce pas utiliser de bien grosses ficelles pour arriver à ses fins ? De plus, ce couple singulier que la vie s'acharne à séparer, mais que le destin réunit, pour mieux séparer... seule la sobriété de l'écriture de Paolo Giordano parvient à faire taire les violons langoureux que l'on craint parfois d'entendre... L'auteur parvient cependant à éviter cet écueil et fait même preuve d'une certaine maitrise dans la conduite de la fin du roman, qui aurait facilement pu tourner au ridicule...
En fait, je ne sais pas trop que penser de ce roman avec le recul (je l'ai lu il y a plusieurs jours, je crois qu'il est assez prudent d'éviter de rédiger son billet "à chaud" pour ce genre de romans a priori bouleversants : le recul modère souvent l'enthousiasme que l'on peut ressentir sur le moment...). Je ne parviens pas à comprendre si l'auteur a délibérément cherché à faire pleurer dans les chaumières ou s'il a simplement voulu nous livrer un roman sincère sur la difficulté de vivre de personnages singuliers... A vous de trancher.
"La solitude des nombres premiers" de Paolo Giordano (2009)
Seuil, 329 pages, 21 €
Ce roman m'a été aimablement envoyé par Suzanne de Chezlesfilles.com, que je remercie.
Commentaires
Ecriture sobre, oui. Et je n'ai pas eu envie de sortir le mouchoir...
Hum, je m'aperçois que tu n'as pas résisté à l'envie de nous montrer la photo de l'auteur (miam!)
Bon, je file chez Yohan, là!
Ah, ce roman me fait de l'oeil depuis un moment déjà (ou c'est moi qui lui fait de l'oeil ?... hum hum...).
Est-ce qu'il ne serait pas dans la lignée d'un Chaos Calme de Sandro Veronesi ? (j'ai hésité pendant sa lecture entre larmoyer dans les kleenex et m'irriter de me sentir manipulée...)
Je ne l'ai pas du tout ressenti comme un roman pour faire pleurer dans les chaumières. Je n'ai d'ailleurs pas eu envie de pleurer un seul instant. J'ai trouvé que c'était un bon roman sur les affres de l'adolescence.
Je suis assez d'accord avec toi, j'ai trouvé que cela faisait beaucoup : l'anorexie, la soeur handicapée, les humiliations à l'école,etc...je n'ai pas été touchée par cette histoire.
Je suis un peu de l'avis de Sylire : je n'ai pas trouvé que Giordano en faisait des tonnes, d'ailleurs j'ai en fait l'impression qu'il n'en a pas fait assez. Je n'ai ressenti aucune empathie pour les personnages et et au final ce livre ne m'a pas vraiment marqué.
au fait ton billet me rappelle que je n'ai toujours pas écrit le mien ;-)
(tu vas à la soirée du 8 ? )
Un roman que j'ai adoré pour ma part ;)
Pagesapages> Euh, c'est le roman qui te fait de l'oeil, ou c'est Paolo Giordano... :-)
Sylire, Keisha> Vous êtes dures les filles... :)
Titine> Exact, j'ai oublié de parler des humiliations à l'école dans le billet... trop gentil ce billet...
Emma> L'auteur est un matheux : cela pourrait peut-être expliquer une possible froideur dans le propos qui aurait freiné ton empathie ? ...
(pour le 8, j'aimerais bien venir, mais il y a encore des problèmes de logistique - boulot, enfants - à regler, et toi tu y va ?)
Stephie> J'ai lu ton billet, on peut y lire d'ailleurs que le prix Strega est l'équivalent du Prix Goncourt. Ce roman mériterait-il le Prix Goncourt ?
J'ai à peu près le même avis que toi. Les ficelles sont grosses mais l'auteur évite l'écriture mélodramatique. Je ne pense pas qu'il ait vraiment voulu faire "pleurer dans les chaumières" parce que le ton m'a semblé trop neutre pour cela.
Pour ma part, je dois avouer que je ne l'ai pas (encore) lu, mais ce billet en donne l'envie ! Merci et bonne journée, Perrine
Très envie de le lire depuis qu'il est sorti... Pourrais-tu en faire un livre voyageur ?
Joyeux anniversaire !
Est-ce bien aujourd'hui (ou demain, je ne sais plus ?), en tout cas, joyeux anniversaire Calepin !
Snif! personne ne nous aime!!! c'est quoi ce commentaire sur les matheux insensibles (voir réponse à Emma). Paolo n'a pas cherché à faire pleurer, c'est tout, mais quoique (un chouïa) matheuse je suis capable de pleurer comme une Madeleine assez vite...
Isil> Disons que l'on a frôlé la catastrophe. :-)
Perrine> Aurais-tu été oubliée par Suzanne de Chezlesfilles.com ? :-)
Liliba> C'est en effet aujourd'hui... Merci !
Keisha> Oui, c'était un peu brutal et réducteur ce raccourci matheux=insensible, d'autant plus étrange que je suis également plus matheux que littéraire de formation... :)
Je l'ai beaucoup aimé, mais je reconnais bien volontiers que les ficelles sont parfois un peu grosses ! Cependant, j'attends un deuxième roman pour suivre ce charmant jeune auteur !
Je vais peut-être finir par lire ce livre... mais merci pour la photo de l'auteur, en tout cas!! Ca fait patienter! :) Je sais, je suis incorrigible!
Neph, Karine:)> Je savais bien que je ferais des heureuses avec cette photo... :)
BOOOOOGOSSE
L'auteur est mignon...
Bon Ok je sors =>
Mais oui cecile et keisha, ce qu'il y a de mieux c'est la photo ! non j'exagère j'ai réussi à finir le livre... avec le recul...on ne sent pas de sincérité mais une construction.
A plus calepin !
A noter alors .... merci pour ce billet :)
Les avis sont très variés sur ce roman, du meilleur au pire. J'aime les nuances et je ne suis pas sûre que ce genre de roman larmoyant soit ma tasse de thé.
ta présentation de ce livre me branche bien!
qui plus est, l'auteur n'est pas désagréable à regarder!
je vais attendre la sortie en poche, mais je note :):)
Cécile> Comment se fait-il qu'il ne soit pas encore épinglé sur ton blog ? :)
Thaïs> Je n'ai pas eu cette impression de manque de sincérité, c'est autre chose...
Hambre> You're welcome
Constance> Ce n'est pas un roman larmoyant ! Il peut faire larmoyer, mais il n'est pas larmoyant. Nuance. (Je ne suis pas certain d'être très clair sur ce coup...)
Lasardine> De quoi alimenter ton tout jeune blog !
C'est justement mon livre du moment. Il était dans ma PAL depuis plus d'un mois et ton article m'a décidée à le lire (enfin !). Présentement, j'en ai lu presque les 3/4 et, pour l'instant, je ne sais pas encore si j'aime ou non. D'un côté l'écriture simple et sensible de Paolo Giordano me plait beaucoup mais de l'autre, je ne suis pas chamboulée par l'histoire. Je fais partie de ces personnes qui ont la larme facile mais là, rien. Pas la moindre petite émotion. Je m'endurcie... Les personnages sont sympathiques mais je garde mes distances avec eux. Ne deviendrai-je pas insensible en vieillissant (la trentaine s'approche à grands pas...) ? Je passe d'agréables moments de lecture mais, pour l'instant, je reste en retrait.
d'accord avec toi pour le sujet casse-gueule, mais j'ai trouvé justement qu'il s'en sortait très bien, avec originalité et virtuosité même... J'ai aimé quoi!
Fée Bourbonnaise> Un rien provocateur ce commentaire, à moi qui m'approche doucement de la quarantaine... :)
Sylvie> J'ai lu (et relu) ton billet : "C'est brillant, prenant et beau" : pas de doute, tu as aimé !


















