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32 12 août 2009
400 blogs de lecture !
Un petit message pour vous signaler que mon moteur de recherche spécialisé dans les blogs de lecture vient de référencer son 400ème blog* de lecture...
* Il s'agit du tout jeune blog de Cannibale lectrice à qui je souhaite bienvenue sur la blogosphère de lecture !
18 10 août 2009
Le sumo qui ne pouvait pas grossir - Eric-Emmanuel Schmitt
Jun, adolescent frondeur et vendeur de camelote à la sauvette, traîne son mal-être dans les rues de Tokyo. Shomintsu, sage entraineur des meilleurs lutteurs du Japon, va le persuader d'intégrer son école, certain qu'il est de voir un gros dans ce jeune homme désespérément maigrichon...
"Le sumo qui ne pouvait pas grossir" est une courte fable sur les préjugés, pouvant également servir de manuel de spiritualité à l'usage du lecteur occidental moyen, le tout écrit dans un style étonnamment simple, voire simpliste, parfois à la limite de la littérature jeunesse.
J'ai d'ailleurs une théorie simpliste fumeuse à ce sujet. J'ai l'impression qu'Eric-Emmanuel Schmitt s'est inconsciemment inspiré du "Petit prince". De l'oeuvre de Saint-Exupéry, il a conservé le genre et le format de la fable, et s'est surtout inspiré du "Dessine-moi un mouton" pour son "Je vois un gros en toi", répété plusieurs fois dans le roman. Problème, le manque de poésie de l'oeuvre de Schmitt démolit assez facilement ma théorie. Et les écarts de langage de Jun interdisent la lecture du roman de Schmitt dans les écoles.
Bref, un roman qui a rencontré un beau succès de librairie, mais que j'ai trouvé franchement décevant.
Du côté des blogs de lecture, les avis divergent : plutôt positifs pour Liliba, Pageàpages, Laurent, Sebastien ou Stephie, ils sont plus mitigés voire franchement négatifs pour Albertine, Madame Charlotte, Jelydragon, Cocola, Aproposdelivres ou Isa.
"Le sumo qui ne pouvait pas grossir" de Eric-Emmanuel Schmitt
Albin Michel, 101 pages, 10 €
11 02 août 2009
Rocher de Brighton - Graham Greene
J'ai enfin fini "Rocher de Brighton". Plusieurs fois, j'ai failli abandonner ma lecture, mais chaque fois, je me suis remis à l'ouvrage, finissant par me convaincre qu'un tel roman, aussi noir et difficile soit-il, méritait bien quelques sacrifices...
Car le roman de Graham Greene est plutôt difficile. Non pas que l'écriture soit particulièrement complexe, mais ce long roman est très sombre et l'on ne s'identifie guère aux personnages. "Rocher de Brighton" est peuplé de femmes faciles et de malfrats. Pinkie, dit aussi "Le Gamin", jeune chef de bande et personnage principal du roman, est particulièrement retors et mauvais :
"Son imagination ne s'était jamais éveillée. C'était là sa force. Il ne pouvait pas voir avec les yeux des autres, ou sentir avec leurs nerfs. Seule la musique le mettait mal à l'aise, les boyaux de chat lui vibraient dans le coeur ; c'était comme l'âge qui vient, l'expérience des autres, qui martèle le cerveau." (p. 106)
Les personnages du roman ne sont cependant pas tous mauvais : notamment Ida, chanteuse de cabaret voulant confondre Pinkie, et Rose, jeune fille effacée tombée sous le charme cruel du Gamin. Il faut cependant noter que Greene s'évertue à écorner l'image de ses deux figures féminines : Ida est certes une justicière, mais elle représente aussi le péché de la chair, et Rose se révèle être moins ingénue que l'on aurait pu le penser...
La trame du roman est une assez classique histoire de meurtre, de brigands, de chantage, de règlements de compte, mais tout cela est un prétexte pour Greene, un décor pour camper sa vision du monde (assez proche de l'enfer...) et donner libre cours à ses interrogations sur le catholicisme. La religion est en effet un élément clé de ce roman, bien que le sujet n'apparaisse que tardivement, dans un dialogue entre Rose et Pinkie :
"- Je ne m'occupe pas du tout de religion. L'enfer, il est ici. On n'a pas besoin d'y penser. Jusqu'au moment de mourir. Tu sais ce qu'on dit : «Entre l'étrier et le sol, il chercha quelque chose et le trouva.»
- La miséricorde.
- Oui, la miséricorde." (p.199)
La place du catholicisme dans l'oeuvre de Greene lui a rapidement valu d'être catalogué comme "écrivain catholique", un "épithète détestable" selon l'auteur lui-même, mais si la réflexion sur la religion est présente dans le roman, je n'y ai perçu aucun prosélytisme.
S'il semble être communément admis que des connaissances religieuses permettent de décrypter l'oeuvre de Greene, je n'ai en revanche rien lu concernant la place de la psychanalyse, qui fournirait pourtant bien des explications à la personnalité tourmentée du Gamin, à ses rêves et à ses hallucinations. Le tableau que dresse Greene de son personnage à la "virginité aigrie" (p.369) semble avoir été inspiré de réflexions dans ce domaine, comme le montre cet extrait :
"Elle se leva et, dans un éclair, il vit la peau de sa cuisse, au-dessus de la soie artificielle ; une pointe de désir sexuel le secoua comme une nausée. Voilà pour finir ce qui arrive : la chambre sans air, les enfants éveillés, la gymnastique du samedi soir dans l'autre lit. Personne ne pouvait donc y échapper ? Nulle part ? Ça valait la peine d'assassiner tout le monde." (p. 202)
Si vous ne voulez vous y casser les dents comme sur la fiandise qui a donné son titre au roman, il vous faudra peut-être comme moi persévérer pour venir à bout de cette longue fable sur la miséricorde, mais le jeu en vaut la chandelle : l'écriture est admirable et le roman recèle de scènes très fortes bien que souvent tristes et cruelles...
"Je n'ai jamais changé. C'est comme ces bâtons de Rocher : mordez-les tout du long, vous lirez toujours Brighton. C'est la nature humaine" (p.424)
"Rocher de Brighton" de Graham Greene
Robert Laffont, Pavillons poche, 526 pages, 9.90 €.
Merci à Blog-o-Book et aux Editions Robert Laffont, qui m'ont envoyé ce roman.


















