25 29 novembre 2009
Les chaussures italiennes - Hening Mankell
Henning Mankell est un auteur touche-à-tout. Il a écrit pour la littérature jeunesse et le théâtre, mais il est surtout connu pour la série des enquêtes de Kurt Wallander. Bien que la moitié des personnages de son dernier roman décède avant la fin de l'histoire, "Les chaussure italiennes" n'est cependant pas un polar...
A soixante-six ans, Fredrik Welin, chirurgien à la retraite, vit reclus sur une île de la Baltique. On apprend bien vite que cette retraite forcée est la conséquence d'une tragique erreur qu'il a commise 10 ans plus tôt (il a amputé le mauvais bras à une nageuse, ce qui n'est tout de même pas de bol : sur une randonneuse, on n'en aurait pas fait tout un plat...). Welin en est donc là, à vivre en vieux grincheux renfrogné et mal rasé, lorsqu'un jour débarque (c'est une image, car la Baltique est alors totalement gelée) Harriet, la femme qu'il a abandonnée quarante ans plus tôt, sans même un au revoir... C'en est alors fini des soirées puzzle en solitaire arrosées d'un verre d'Aquavit, car Harriet, très malade, a quelques exigences et on ne refuse rien à une malade...
S'en suit une épopée en voiture dans la forêt suédoise enneigée et silencieuse. Et l'on se rend compte assez rapidement que le road-movie suédois, malgré quelques péripéties (choc frontal contre une congère, chien errant, bûcheron providentiel), c'est tout de même assez tranquille. Bon, je ne vais pas dévoiler toute l'intrigue, mais sachez que la deuxième partie du roman est plus statique, puisque l'action va se dérouler exclusivement sur l'île du Dr Wellin, et que l'endroit va connaître une augmentation assez inquiétante (et plutôt déprimante) du taux de mortalité.
Mais résumer ce roman sur ce ton léger n'est pas lui rendre hommage, car il s'agit d'un récit sensible et soigneusement écrit, qui devrait plaire au plus grand nombre. Mais en ce qui me concerne, je suis un peu resté en dehors de ce livre bien trop introspectif à mon goût.
Un petit extrait pour conclure : "La vie, au fond, c'est quelque chose de sérieux. Il y a un enjeu, je ne sais pas lequel, mais il faut tout de même croire qu'il existe, et que le sens caché se trouve un cran au-dessus des chèques-cadeaux et des tickets de grattage."
"Les chaussures italiennes" de Henning Mankell (2009)
Seuil, 341 pages, 21.50 €
Commentaires
Ce roman pourrait devenir un film avec toutes ces intriques, pas mal .... jolie lecture Calepin !!!
J'aime la série des Wallander mais décidément ses autres récits ne m'attirent pas !
J'ai entendu récemment un avis très élogieux sur ce roman... que le tien vient pondérer un peu !
Hambre> Euh, ce n'est pas Millenium non plus...
Manu> En fait, je lisais pour la première fois Mankell avec ce roman : j'aurais mieux fait de commencer par un polar... ![]()
Brize> Ce n'est pas un mauvais roman, loin de là, mais c'est trop sobre, trop dépouillé, trop calme, trop intime, trop introspectif pour moi. Ce n'est pas mon truc, question de caractère sans doute...
J'aime bien les deux écritures de Mankell. Dans cette deuxième veine, j'ai beaucoup apprécié : Comedia Infantil
Un livre qui me tente bien. J'ai besoin d'oublier ma petite déception pour Le cerveau de Kennedy.
Le coup de l'amputation du mauvais bras me semble un peu gros non? ^^
L'aspect road movie suédois ne me tente pas trop, je passe ![]()
Précisions
Alain> En cherchant une éventuelle chronique de "Comedia Infantil" sur ton blog, je suis tombé sur celle du "Cerveau de Kennedy" : on retrouve dans "Les chaussures italiennes" les thèmes de la mort, des relations parent/enfants que tu mets en évidence dans ton billet... Un détail, Mankell a repris le prénom Louise pour un personnage important de ce dernier roman...
Zarline> J'ai lu que tu avais été un peu déçue par la fin du "Cerveau de Kennedy"... Celle des Chaussures italiennes ne met pas vraiment les points sur tous les i...
Cynthia> Le coup du road-movie, j'ai un peu forcé le trait... il ne faut pas trop en tenir compte ![]()
En revanche, pour le mauvais bras amputé, je n'ai rien exagéré... Je dois avouer que j'ai moi aussi trouvé cela un peu gros...
Auteur inconnu... (un de plus !) mais je veux bien une paire de chaussures italiennes, une des rares choses pour laquelle je pourrais me passer de livres !
Liliba>
tu ne crois pas si bien dire... les chaussures dont il est question dans le roman valent largement une collection de beaux livres...
ton
C'est justement le ton léger de ton article qui m'a ravie, entre autres histoires de grattages qui rejoignent bien mon état d'esprit. Bon dimanche ![]()
Fersenette> Merci pour ton commentaire, je tiens à préciser tout de même que le ton du roman n'est pas du tout celui de mon billet.. ![]()
Une personne très proche vient de m'ordonner de lire ce livre ! ![]()
Fantasio> ordonner ? étonnant... d'un autre côté, il y a pire comme punition... ![]()
Je n'ai pas eu les mêmes retenues que toi, j'ai justement bien aimé le côté intimiste du livre. autant, je n'avais pas aimé le cerveau de Kennedy, autant celui-ci me réconcilie avec l'écriture non policière de Mankell. Mais j'aime beaucoup cet auteur, autant polar qu'autre.
Les avis étant très variés, j'attendrai qu'il soit en poche. PS: jeudi dernier "Libé" cassait le peu de suspense qu'il peut y avoir en révélant ce qui arrive aux bestioles...![]()
Je suis entouré de lecteurs fous ! ![]()
Yv> Tiens, encore un avis mitigé sur "Le cerveau de Kennedy"...
Cathulu> Je viens de lire l'article de Philippe Lançon sur liberation.fr... Après un article pareil, plus besoin de lire le roman ! ![]()
pj : http://www.liberation.fr/livres/0101606315-blues-suede-shoes (à visiter en connaissance de cause)
Je n'ai lu que deux de ses romans jeunesse, jamais ses écrits pour adultes.
En pleine découverte des polars suédois ton billet tombe à pic. Je tenterai bien une introspection gelée moi !!! Surtout si le ton du livre se rapproche de celui de ton billet !!
Ca fait un moment que je vois ce livre sur les blog littéraires. Bcp de blogueurs l'ont lu et dans l'ensemble aimé.
Pour ma part, j'adore la couverture. Rien que ça ça me donne envie de l'acheter (oui je sais, je suis bizarre...).
Introspectif, c'est le bon mot. J'ai eu quelque peine à le terminer. Je précise que j'adore Mankell et que j'ai lu tous ses polars
Je l'ai sur ma PAL celui là aussi et j'ai hâte de le lire !
à lire
Un livre plein de tendresse, une réflexion sur la vie, la mort...
A lire
Il ne manque pas grand chose pour que ce soit un excellent livre. C'est vrai que les événements sont un peu gros, mais le tout est raconté de manière intimiste, introspectif. C'est un peu long: on se demande ce que Mankell va encore inventer: il n'y a aucune raison que cela s'arrête, mais en ce qui me concerne, j'ai eu beaucoup de plaisir surtout à être dans le livre (l'ambiance l'atmosphère).

















