18 11 décembre 2009
Les belles choses que porte le ciel - Dinaw Mengestu
Dinaw Mengestu est né à Addis Abbeba en 1978. Sa famille a quitté l'Ethiopie pour fuir la révolution alors qu'il avait deux ans et finit par s'installer aux Etats-Unis. "Les belles choses que porte le ciel" est un roman en partie autobiographique dont le personnage principal, Sépha Stéphanos, connaît un destin comparable à celui de l'auteur, à la différence près que Sépha est un peu plus agé, et qu'il est dans le récit témoin des violences perpétrées en Ethiopie à la fin des années 70...
Mais l'essentiel de l'action du roman est contemporaine et se déroule aux Etats-Unis, dans la banlieue de Washington, où Sépha Stéphanos tient une petite épicerie. Avec ses deux amis, Kenneth et Joseph, immigrés africains comme lui, il tente de se faire une place dans un pays qui reste à ses yeux une terre de liberté, malgré les désillusions du rêve américain. Tous les jours, les trois amis se retrouvent après leur journée de travail pour boire un verre et jouer à leur jeu favori : lancer un nom de dictateur africain puis laisser aux autres le soin de deviner dans quel pays celui-ci a sévi... Ils vivent ainsi, cahin-caha, loin des souvenirs des violences africaines qu'ils ont laissées derrière eux. L'arrivée dans le quartier d'une jeune femme blanche, Judith, et de sa petite fille métisse, Noemi, va cependant bouleverser cet équilibre précaire...
Ce qui frappe dans ce roman (ce qui m'a frappé en tout cas), c'est l'apparente bienveillance du narrateur. Ce calme à la limite de la nonchalance. Mais rien de péjoratif dans cette remarque : c'est au contraire le principal attrait du roman à mes yeux, ce regard paisible posé sur le monde, que l'on ressent dans l'écriture même, jamais heurtée, toujours fluide et agréable. Une impression ressentie notamment dans les descriptions du quartier et de ses habitants, toujours teintées d'une douce bienveillance. Plus étonnant, le narrateur reste posé lorsqu'il relate, assez tard dans le récit, les violences qu'il a connues dans sa jeunesse. Il ne s'agit cependant pas de froideur, mais plutôt d'une sorte de calme survenant après une tempête. Seul - petit - problème : de la bienveillance béate à la passivité, il n'y a qu'un pas qu'il est aisé de franchir, et je dois avouer avoir eu envie au bout de quelques temps (et de quelques longueurs) de houspiller un peu ce personnage sympathique mais parfois passif, moins acteur que spectateur de sa vie. "Il y a des moments comme ça, cependant, où nous ne bougeons pas et où tout ce que nous avons à faire est de regarder en arrière vers la vie que nous avons menée". Un premier roman réussi malgré tout.
Sur les blogs de lecture, vous pouvez lire également les avis (tous positifs) de Cuné, Cathulu, Sylire, Sentinelle, Naina94, Theoma, Katell, Sylvie ou Christian Tortel...
Merci à Suzanne, de Chezlesfilles, qui m'a envoyé ce roman.
"Les belles choses que porte le ciel" de Dinaw Mengestu (2007) 
Le Livre de poche, 282 pages, 6.50 €
Commentaires
J'ai noté ce titre chez une blogueuse...j'ai très envie de le lire et dire que le weekend dernier je voulais le prendre, ce n'est pas perdu ![]()
Il est dans la PAL et je ne crois pas que ce sera une déception à lir tous les bons commentaires à son sujet!
Moi je l'ai trouvé très reposant au contraire ce personnage !![]()
Oui, je te rejoins tout à fait. Et tu as raison, on pourrait presque lui reprocher sa passivité mais il est si attachant...
Beaucoup de pudeur et comme une légèreté désenchantée, un roman qui laisse malgré tout une forte empreinte après plusieurs mois de lecture... un premier roman prometteur, même si comme toi j'y ai trouvé parfois quelques longueurs.
Pour moi, la nonchalance du personnage m'a agacée et j'ai eu du mal à accrocher à ce roman!
Un peu de légèreté dans un monde de brutes
Hambre, Jules> Je crois que vous pouvez vous lancer sans crainte... ![]()
Cathulu> Je ne dis pas le contraire ! C'est d'ailleurs l'un des points forts du livre, ce personnage bienveillant et attachant, mais bon, on a pas tous ce caractère non plus... (et >Sylire ou >Mimienco ne me contrediront pas sur ce point...) ![]()
Sentinelle> Légèreté est le mot juste. On peut d'ailleurs noter que Mengestu parvient à conserver cette légèreté dans l'évocation des moments les plus dramatiques.
Il a l'air fort sympathique ce livre. Et il est vrai qu'à certaines périodes de la vie, il est bon de poser son sac et de regarder le passé : profiter de l'instant présent et admirer le paysage de sa vie. Bon, j'achète mais c'est la dernière fois ! ![]()
Ayé : Commandé ! ![]()
Fantasio>
whouaou, rapide, même pas eu le temps de répondre à ton commentaire...
Ayé, reçu !
Il est dans ma PAL.![]()
Je suis en train de le lire, je reviendrai en parler avec toi.
Ce livre a l'air superbe, je l'ajoûte de ce pas à ma liste
)
Vacances ?
Monsieur Calepin semble parti loin de la blogosphère. Il y a eu plein de félicitations et d'éloges pour toi chez moi suite à ta brillante et très méritée victoire au jeu idiot de novembre.
Merci pour cette belle découverte. Un auteur dont l'ouvrage est inscrit dans ma liste de livres à lire...
Il est dans ma pile... tous ces avis vont m'inciter à l'en sortir!
Je te souhaite une très belle année Calepin !
Je suis d'accord avec toi. Ce n'est pas une lecture qui va me rester en mémoire mais c'est un auteur dont je vais suivre les pas.
Autre chose : à propos du challenge Les coups de coeur de la blogo. J'aimerais clore la récap il me faudrait pour y arriver les deux titres que tu as choisi. Merci de me les communiquer par mail theomablog@gmail.com ou en laissant un commentaire sur mon blog.
Merci et @ bientôt !
C'est ton billet très enthousiaste qui m'avait fait noter ce titre et depuis, je l'ai lu aussi.
J'ai lu avec le sourire ce roman tout léger. Je n'ai pas été emballée à 100% mais qu'importe...j'ai très hâte au prochain Mengestu.

















