Romans et Lectures - Blog de lecture

Chroniques littéraires, commentaires, critiques et fiches de lectures : bienvenue sur le blog de lecture de Calepin.

16 21 février 2011

Les aigles puent - Lutz Bassman

S'il y a un exercice auquel je n'aime pas me livrer ici, c'est bien critiquer - au sens négatif du terme - un ouvrage. Cela me met à chaque fois mal à l'aise, pour bien des raisons :

D'abord, en tant que misérable cloporte inculte, ayant eu de surcroît une note misérable au bac français, j'ai quelques scrupules à démonter le travail d'une personne dont la littérature est a priori la spécialité, voire le métier.

Ensuite, j'ai un immense respect pour le travail que représente l'écriture d'un roman, tâche que je pense pouvoir vaguement  appréhender par comparaison avec l'exercice de rédaction que représente l'écriture d'un billet tel que celui-ci, et qui pour moi représente déjà une montagne.

Enfin, l'idée de dénigrer un travail dans lequel un auteur a placé tant d'énergie et certainement beaucoup d'espoirs m'est assez désagréable, notamment lorsque l'on pense aux possibles conséquences économiques, même modestes, que pourrait avoir un avis négatif, même si la diffusion de mes bloguesques billets reste assez confidentielle...

Malgré ces réserves, je ne censure pas mes avis négatifs car je ne peux m'empêcher de penser qu'il est sain d'échanger et de donner un avis sur ses lectures, que les personnes qui viennent ici savent qu'elles ne lisent qu'un avis parmi des centaines d'autre avis, qu'elle savent que la plupart des blogs sont tenus par des amateurs passionnés et qu'elles sont suffisament intelligentes pour faire la part des choses... que, quitte à parler de quelque chose que l'on ne maîtrise pas, il vaut mieux parler de littérature que de football, que tout ceci n'est finalement pas bien sérieux.

Bref, tout cela pour dire que je n'ai pas aimé le roman de Lutz Bassman.

bassamn

J'ai fait part de cet avis négatif dans une chronique publiée sur le site de l'Express (j'ai lu cet ouvrage dans le cadre de la sélection pour le Prix du Livre numérique).

Tout amateur et peu éclairé qu'il soit, j'imagine que mon avis pourrait avoir quelques minuscules conséquences : d'où mes hésitations et ces laborieuses et liminaires précautions.

Mais non. Le roman de Lutz Bassman ne m'a vraiment pas laissé un souvenir impérissable.

 

Je ne vais pas recopier ici ma chronique sur ce roman, vous pouvez la lire sur le site de l'Express. Mais plusieurs semaines après sa lecture, je maintiens que je n'ai pas adhéré à ce livre et conviens que je n'y ai pas compris grand chose. C'est cependant le style qui m'a le plus heurté et notamment cet usage immodéré des répétitions (souvent de paragraphes entiers) ainsi que quelques maladresses ou lourdeurs dont voici quelques exemples :

"Sa chaise craqua. Il se figea mieux." (Peut-on se figer mieux que l'on est déjà ?)

"La sonnerie de nouveau se fit entendre. Deux notes anodines, une tierce descendante qui ne se prolongeait pas." (Une tierce de deux notes ?)

"Tout indiquait qu'ils avaient quitté pour toujours le monde des vertébrés vivants." (L'élégance de la formule sceintifique)

"De loin, un non spécialiste eût aisément pu le confondre avec une momie ratatinée ou un cadavre de grand brûlé, ou, à la rigueur, avec une tâche de vomi." (Très élégant)

"La présence d'un ventriloque est absolument nécessaire dans l'ancienne agence bancaire de la gare, reprit l'annonce. C'est une question de vie ou de mort." (Un exemple de l'humour très personnel de l'auteur)

"Le vomi se présentait encore au fond de la gorge et jaillissait, mais les spasmes nous torturaient le ventre avec moins de violence. Il nous arrivait même de ne rien expulser pendant les hoquets ou alors seulement de maigres filets et non des gerbes." (Le vomi encore. Charmant)

etc.

Rien à faire. Ça ne passe vraiment pas. Mais comme toujours, je vous invite à lire ce roman pour vous faire votre propre idée, et me contredire s'il le faut.

 

 

 


Commentaires

    En tout cas, le titre est drôle...

    Posté par Marine Rose, 21 février 2011 à 15:48
  • Bravo pour ton courage !!
    Moi, comme blogueur, j'apprécie les personnes qui disent vraiment ce qu'elles pensent de leur lecture.
    Merci !

    Posté par Richard, 21 février 2011 à 15:53
  • Marie-Rose> Drôle? Il est surtout assez moche non ?

    Richard> Merci pour le commentaire, mais je n'ai vraiment pas l'impression de faire preuve d'un courage particulier ici, d'autant plus que j'écris ici sous le couvert d'un pseudonyme (très symbolique certes, mais pseudo tout de même...).

    Posté par calepin, 21 février 2011 à 16:16
  • C'est quoi ce titre, déjà ça pue (hahahah)!

    Posté par Juliette, 21 février 2011 à 20:37
  • En tous cas on rit bien en lisant votre chronique, comme quoi ce livre peu apprécié a au moins un bon coté

    Posté par Melloune, 21 février 2011 à 22:27
  • Il en faut des avis divers et variés, c'est le but de toute cette blogosphère!!! alors continue à nous donner tes avis qu'ils soient positifs ou pas!!! En plus ils sont très agréables à lire!!
    Pour ce qui est du livre, j'avouerai que le titre ne me dit rien du tout... et à la vue des quelques extraits, encore moins de l'ouvrir!!!Désolé pour l'auteur. Après, il trouvera surement preneur, car heureusement, tous les goûts sont dans la nature...

    Posté par Angie, 21 février 2011 à 23:35
  • Ça arrive en effet et je reconnais que c'est difficile dans ces moments-là de rédiger une chronique. Là par exemple je repousse l'écriture d'un billet parce que je ne sais pas comment m'y prendre... Mais bon, comme tu le dis, il vaut mieux jouer la carte de l'honnêteté. Ton article n'est pas méchant, il annonce juste clairement que tu n'as pas adhéré au livre. Merci pour ce billet donc.

    Posté par Alwenn, 22 février 2011 à 12:59
  • Misérable cloporte inculte, j'adore !!!
    Euh, les extraits, en effet, ne donnent pas très envie de découvrir ce roman...

    Posté par Liliba, 25 février 2011 à 14:08
  • La couverture est assez réussie, mais bon, les extraits sur le vomi me font conclure que ce n'est pas pour moi...

    Posté par Grominou, 28 février 2011 à 18:22
  • Je ne l'ai pas lu mais déjà rien que la couverture, ça n'annonce rien de bien joyeux et élégant... Tes choix de citation confirment mes a priori !

    Posté par Riz-Deux-ZzZ, 07 mars 2011 à 18:19
  • Bonjour Calepin, déjà, rien que le titre, cela n'est pas engageant. Il faut le dire quand un ouvrage ne plaît pas. Il n'y a pas de raison. Bonne journée.

    Posté par dasola, 10 mars 2011 à 12:10
  • Hello!
    J'ai eu envie de lancer une revue virtuelle sur mon blog où tous les blogueurs pourraient mettre leur grain de sel! Pour plus d'infos : http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=773843&pid=21189325
    N'hésite pas à participer et toutes mes excuses pour ce commentaire-pub!

    Posté par Eloo, 26 mai 2011 à 17:38
  • tes citations sont impressionnantes... n'aie pas peur de dire que c'est un navet J'aime l'original mais le titre a quelque chose de déplacé, de raté. je continue ma visite sur ton blog

    Posté par Violette, 26 juin 2011 à 21:33
  • Pour info, oui, une tierce a deux notes. De même qu'une quarte, une quinte, bref, tout intervalle est délimité par exactement deux notes.
    Celà-dit, c'est vrai que le style des extraits est rebutant.

    Posté par Anonyme, 15 septembre 2011 à 02:48
  • J'allais commenter sur le fait qu'une tierce est un intervalle entre deux notes, mais je vois que le commentaire a été fait. Mais comme j'étais déjà sur le formulaire de commentaire, ben... tant pis, j'écris quand même.

    Posté par Steph, 17 septembre 2011 à 16:11
  • Vous dites:"Ensuite, j'ai un immense respect pour le travail que représente l'écriture d'un roman, tâche que je pense pouvoir vaguement appréhender par comparaison avec l'exercice de rédaction que représente l'écriture d'un billet tel que celui-ci, et qui pour moi représente déjà une montagne".

    Je vous remercie au nom de tous les auteurs et écrivains de ce monde. Écrire un roman demande de rêver et de laisser son imaginaire prendre le contrôle de sa plume.

    Posté par Ecrire un roman, 28 septembre 2011 à 13:55

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