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23 19 octobre 2009
La reine dans le palais des courants d'air - Millénium 3 - Stieg Larsson
Yessss ! J'ai fini "La reine dans le palais des courants d'air", le troisième et dernier tome de Millénium. Plus de 1800 pages, presque 2 kg sur la balance : et oui, lire Millénium, c'est aussi une performance...
Mais sors-t-on totalement indemne d'une telle lecture ? J'ai fait ma petite enquête (auprès d'un lectorat masculin non représentatif), et pense pouvoir répondre par la négative à cette question par une série d'observations de différents symptômes récurrents chez le lecteur de la célèbre série :
La paranoïa :
Le lecteur de Millénium se met à considérer son ordinateur et Internet avec une grande méfiance. Il utilise dorénavant des mots de passe complexes qu'il change tous les jours, il a installé deux pares-feu et trois anti-virus, et n'envoie plus que des emails cryptés. Il devient également méfiant avec la presse. Très rigoureux, il ne lit plus un article sans vérifier les sources et fait sa propre contre-enquête au moindre doute.
Une libido exacerbée :
Le lecteur de Millénium gagne en assurance, devient plus entreprenant. Il fait de l'oeil à la boulangère en payant ses croissants, confiant en ses nouveaux pouvoirs de séduction. Cependant, depuis qu'il est devenu féministe convaincu, il se garde bien d'être trop entreprenant et craint que ses avances puissent être interprétées comme du harcèlement sexuel. Il se remet au sport, surveille sa ligne et se surprend à se ballader à poil dans son appartement en sirotant un verre d'Aquavit.
Des troubles des fonctions du langage :
Des personnages aux noms de fauteuils Ikea, des phrases aux tournures étranges : le lecteur de Millénium finit inévitablement par douter de ses capacités à écrire correctement en français. Il n'a plus confiance en sa grammaire. En refermant le dernier tome, il s'est promis que ses deux prochaines lectures seraient les dernières éditions du Bescherelle et du Petit Robert.
Blague à part, il est comment le tome 3 ?
Les lecteurs de l'intégrale de Millénium se reconnaissent également à la question rituelle : "Et toi, lequel as-tu préféré ?" En ce qui me concerne, j'ai préféré le tome 2, plus rythmé que les deux autres volumes. Dans ce troisième tome, il m'a fallu plus de 200 pages pour véritablement entrer dans l'histoire et je ne cache pas avoir failli abandonner. Mais une fois lancé, on décroche difficilement, porté par la classique curiosité inhérente à tout bon polar qui se respecte.
Particularité de ce troisième tome, les références à l'histoire suédoise sont nombreuses et les personnages historiques (Olaf Palme, Wennerstrom ou Ebbe Carlsson) côtoient les personnages de fiction. On découvre également quelques rouages des institutions du pays. C'est parfois assez technique voire plombant, mais pas inintéressant. Sinon, on retrouve comme à chaque fois les thèmes fétiches de l'auteur (éthique du journalisme, féminisme, etc.), que Stieg Larsson se plait à approfondir ici.
Le style reste basique, mais j'ai fini par penser que c'était plutôt un avantage pour les nombreux dialogues, qui gagnaient ainsi en réalisme. Finalement, un polar qui ne révolutionne pas vraiment le genre, mais remplit très bien son rôle de "littérature de divertissement", comme l'écrit Stieg Larsson lui-même.
"La reine dans le palais des courants d'air - Millénium 3" de Stieg Larsson (2007)
Actes Sud, Collection Actes noirs, 710 pages, 23 €
25 09 octobre 2009
La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette - Millénium 2 - Stieg Larsson
Et c'est reparti pour 700 pages de voyage au pays des mangeurs de boulettes de viande accompagnées de purée de pomme de terre et de confiture d'airelle. Dans ce deuxième opus, nous retrouvons comme prévu le journaliste "Super" Blomkvist ainsi que la hackeuse Lisbeth Salander. Cette dernière se la coule douce sous le soleil des Caraïbes, mais le repos, pourtant bien mérité après ses exploits du Tome 1 de Millénium, sera de courte durée...
Bon, je ne reviendrai pas sur le style du couple Stieg Larsson/Marc de Gouvenain (le traducteur et génial dénicheur de Millénium pour les éditions Actes Sud). Pas de miracle dans le Tome 2, l'écriture est toujours aussi quelconque, avec une spécificité pour ce tome : l'usage immodéré du vilain mot "micheton" (l'intrigue tourne autour d'une affaire de prostitution).
Stieg Larsson revient sur ses thèmes favoris : l'éthique du journaliste, l'attitude de la société envers les psychopathes et les pervers sexuels, le féminisme, la liberté sexuelle et... la sécurité informatique (un vrai geek ce Stieg Larsson), ce qui nous vaut une belle citation, à retenir : "Aucun système de sécurité ne vaut mieux que le collaborateur le plus débile".
On continue à apprendre des tas de choses sur les Suédois, notamment qu'il s'agit de personnes très polies, qui éteignent leur téléphone portable (argh, Nokia est en Finlande, pas en Suède, ma blague tombe à l'eau) à tout bout de champ, pour ne pas déranger leur entourage et pour créer de bien pratiques rebondissements dans le récit.
Mais la nouveauté de ce deuxième tome, c'est sa dimension comique. Autant le premier tome était austère, avec des personnages se prenant très au sérieux, autant celui-ci introduit un peu de dérision, avec quelques répliques d'une grande finesse (genre Schwarzzennegger).
Ce deuxième opus m'a semblé mieux réussi que son prédécesseur, moins long au décollage et plus enlevé, avec quelques scènes très rythmées. En fait, Millénium est au roman ce que le film d'action américain est au cinéma : c'est violent, invraisemblable (quelle santé cette Lisbeth Salander), esthétique et facile, parfois grotesque, souvent de mauvais goût, mais ça marche.
"La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette - Millénium 2" de Stieg Larsson (2006)
Actes Sud, Collection Actes noirs, 652 pages, 23 €
28 09 septembre 2009
Les hommes qui n'aimaient pas les femmes - Millénium 1 - Stieg Larsson
J'ai enfin lu "Millénium", la célèbre trilogie de Stieg Larsson. J''avais mis ces trois gros livres de côté depuis longtemps, les réservant pour les vacances d'été. Les vacances sont finies : il est temps maintenant de faire le bilan de ces lectures estivales en commençant par le premier volet de la série : "Les hommes qui n'aimaient pas les femmes"...
Tout en étant très heureux de pouvoir enfin me plonger dans ce fameux polar nordique, je dois avouer que j'ai abordé cette lecture d'un oeil plutôt critique : une exigence à la hauteur des louanges dont le livre a pu faire l'objet...
Un début laborieux
En fait, le récit démarre plutôt calmement : Stieg Larsson prend son temps pour camper les personnages et le décor. L'intrigue elle-même met du temps à décoller. En fait, il m'a fallu atteindre la moitié du livre pour véritablement me faire happer par cette histoire de journaliste enquêtant sur une mystérieuse disparition pour le compte d'un riche industriel suédois. Une fois lancé, il faut cependant avouer que l'on a du mal à décrocher...
Un style quelconque ?
Le style de Stieg Larsson n'est pas exceptionnel : certaines phrases ont un peu heurté mes oreilles peut-être trop délicates... Difficile cependant de savoir s'il faut incriminer l'auteur ou les traducteurs. On m'avait prévenu que Stieg Larsson avait tendance à noyer le récit sous une profusion de détails : c'est en effet le cas, et certaines descriptions ont un côté "rapport de police" assez prononcé. Ceci dit, cet aspect presque administratif du texte, écrit au passé, participe à l'atmosphère dramatique : comme tout rapport légiste, on s'attend, plus ou moins consciemment, à ce qu'il se termine par une mauvaise nouvelle...
Un roman écrit pour le cinéma
Pendant ma lecture, j'ai été frappé par le côté "film d'action américain" du roman. L'auteur utilise certaines (grosses) ficelles des films d'action, dont la scène de fusillade haletante ou la course-poursuite effrénée qui se termine (forcément) contre un poids-lourd (dont l'explosion est bien plus photogénique que celle d'une Twingo). Ce premier tome a été adapté pour le grand écran cette année.
La folie Millenium
"Millénium" a rencontré un succès phénoménal, avec plus de huit millions de lecteurs de par le monde dont plus de deux millions en France. Un succès d'autant plus surprenant que chacun des trois tomes de la série comporte plus de 600 pages... Il existe des circuits touristiques à Stokholm pour voir les lieux "cultes" de la saga, le roman a été adapté au cinéma... bref, le jackpot pour les éditions Acte Sud. Autre signe de succès : rares sont les blogs de lecture n'ayant pas publié au moins un article sur "Millénium" (je sais, il était temps que je me réveille).
Découverte de la Suède
Le cadre du roman, la Suède, constitue l'un des aspects les plus originaux du roman. On n'est pas incollable sur la Suède en refermant le roman, mais on a l'impression d'avoir un peu défriché le sujet. Le pays fait l'objet d'un regain d'intérêt depuis la sortie du roman, et les polars scandinaves ont le vent en poupe en librairie.
Succès mérité ?
Mais ce succès planétaire est-il vraiment mérité ? Personnellement, j'ai vu dans ce premier tome un thriller assez classique, avec notamment ses inévitables scènes de violence et de barbarie. J'ai cru un instant qu'il fallait trouver dans le recours à la religion une explication du succès du roman, sur le modèle du "Da Vinci Code", mais il s'avère que la religion a un rôle finalement secondaire dans le récit, voire décoratif. Les personnages en revanche sont plutôt réussis : le journaliste Mickael Blomkvist est suffisamment sympathique pour que l'on suive ses aventures avec intérêt, et Lisbeth Salander apporte au roman ce qu'il faut de mystère, mais aussi de modernité.
Bref, un excellent polar pour les vacances, bien ficelé, qui se lit plus vite que ses plus de 500 pages ne laisse présager, mais un roman qui n'est tout de même pas un chef d'oeuvre... A la fin de ce premier tome (qui se termine vraiment, la lecture de la suite ne s'impose pas), on se demande ce qui a pu déclencher un tel engouement... La solution dans les tomes suivants ?
"Les hommes qui n'aimaient pas les femmes - Millénium 1" de Stieg Larsson (2006)
Actes Sud, Collection Actes noirs, 574 pages, 22 €





















