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11 17 novembre 2008
Survivant - Chuck Palahniuk
Impressionné par ma lecture de Fight Club, je décidai de poursuivre ma découverte de l'univers déjanté de Chuck Palahniuk avec "Survivant", son deuxième roman, publié en 2001. Cette fois, Palahniuk nous propose de suivre le destin tragique et imaginaire de Tender Branson, seul survivant d'une secte dont les membres ont décidé 10 ans plus tôt de disparaître en organisant leur suicide. Le moins que l'on puisse dire est que le jeune Branson ne ressort pas indemne psychologiquement de cette expérience, pour le plus grand plaisir de Palahniuk, qui ne semble se délecter qu'avec des personnages un peu cinglés...
On peut reprocher beaucoup de choses à Palanhiuk (provocant, brouillon, violent, etc.) mais on ne pourra lui reprocher de manquer d'imagination. "Fight-Club" ne manquait pas de trouvailles, "Survivant" continue sur la même lancée, avec une première surprise sur la forme et la numérotation des pages : le livre commence en effet à la page 365 et au chapitre 47. Un caprice de l'auteur qui colle bien à la construction en compte-à-rebours du récit (c'est de plus très pratique pour savoir rapidement le nombre de page qu'il reste à lire).
Le récit lui-même est étonnant dès les premières pages, écrites à la première personne, avec un narrateur dérangeant (et dérangé). A ce sujet, les rapports entre Tender Branson et son assistante sociale/psychologue font partie des bons (et drôles) moments du livre.
Roman existentiel avec ses personnages suicidaires, critique de notre société de consommation, les thèmes de la religion, du marketing et de la célébrité sont également abordés, avec humour et cynisme.
"Parce que la seule différence entre un suicide et un martyre, vraiment, c'est la couverture presse."
Mais tous cela est très inégal. Passé la surprise des toutes premières pages, il m'a fallu une centaine de pages pour être à nouveau happé par le récit pour finalement décrocher un peu dans le dernier tiers du roman, répétitif et tournant un peu au n'importe quoi, avec des théories sur le sexe qui m'ont semblées un peu simplistes. C'est un peu dommage, car l'idée du roman est bonne, et il y a vraiment de bonnes choses, mais Palahniuk semble avoir un peu bâclé son travail et voulu trop en faire. Parmi les excellents moments du livre : la transformation de Tender Branson par un agent marketing en gourou superstar bodybuildé sous amphétamine et le passage à la moulinette médiatico-marketing de la religion : une bonne idée que Palahniuk va exploiter jusqu'à plus soif...
Malgré cette déception, je n'abandonne pas ma découverte de cet auteur, dont l'humour et l'imagination doivent pouvoir nous donner une oeuvre plus réussie que ce "Survivant".
Je n'ai pas trouvé beaucoup d'avis sur ce roman sur les blogs de lecture : vous pourrez lire ceux de Sassenach (qui a aimé) et de Thracinee (un peu déçue).
PS : Ce roman qui n'a rien d'un policier, est (comme "Fight-Club") très étrangement classé dans la collection "Folio Policier" (et donc dans la catégorie "Policier" des librairies).
7 06 août 2008
Fight Club - Chuck Palahniuk [suite]
"La deuxième règle du fight club est : il est interdit de parler du fight club."
Alors, je vous refais le coup de mon précédent billet ?
Il est bien gentil Tyler Durden, le double nocturne du héros de Fight Club et auteur de ce règlement, mais j'aimerais bien tout de même dire deux ou trois mots sur le roman de Chuck Palahniuk...
"On se trouve pris au piège de son adorable nid d'amour, et les choses qu'on possédait, ce sont elles qui finissent par nous posséder."
"La publicité les fait tous courir après des voitures et des vêtements dont ils n'ont pas besoin. Ils travaillent dans des métiers qu'ils haïssent, par générations entières, uniquement pour pouvoir acheter ce dont ils n'ont pas vraiment besoin."
Fight Club est donc une critique musclée et radicale de notre société de consommation. Tyler Durden, le double du héros de Fight Club, propose une solution radicale à notre dépendance vis-à-vis des objets : le nettoyage à la dynamite. Et on comprend bien vite que sa solution pour débarrasser la planète de l'ensemble de ses travers passe par ce genre de solutions radicales... En fait, la solution de Tyler à tout problème semble être la destruction et l'autodestruction. On fait place nette et on repart de zéro...
"A l'époque, ma vie me donnait l'impression d'être trop complète, et peut-être qu'il nous faut tout démolir pour faire quelque chose de mieux de nous-mêmes."
Mais si l'on peut à la limite comprendre cette volonté de destruction dans une logique anti-consumériste anarchique, on comprend moins lorsque le héros veut détruire la terre entière...
"Je voulais détruire tout ce que je n'aurais jamais de beau. Bruler les fortes amazoniennes. Pomper les chlorofluorocarbures droit vers le ciel pour gober tout l'ozone. Ouvrir les vannes de purge des super-pétroliers et détacher les têtes des puits de pétrole en haute mer [...]."
Et l'on ressent toute la complexité du personnage, une complexité que Palahniuk a matérialisée en créant ce double de son héros, avec d'un côté un autodestructeur motivé par ses pulsions suicidaires et de l'autre un double destructeur dogmatique motivé par une idéologie révolutionnaire et anarchique en la personne de Tyler Durden, une sorte de Dr Jekyll et Mr Hyde moderne.
Il est à noter que l'écologie a également sa place dans Fight Club, mais le sujet est également traité sur un mode radical...
"Le recyclage et les limitations de vitesse sont de la connerie, a dit Tyler. Comme quelqu'un qui cesserait de fumer sur son lit de mort."
"Le Projet Chaos va forcer l'humanité à se mettre en sommeil ou en rémission suffisamment longtemps pour que la terre récupère de ses maux."
Anarchique, révolutionnaire, nihiliste, punk ? Je ne sais quel adjectif correspond le mieux à ce roman hors-norme, drôle et violent, au style haletant comme les combats qui le parsèment. Un roman que j'ai personnellement bien aimé, mais que je ne conseillerai cependant qu'avec précaution tant il peut être dérangeant...
Fight Club a été porté à l'écran par David Fincher en 1999, une adaptation très réussie avec un Brad Pitt convaincant en Tyler Durden. En commentaire du précédent billet sur Fight Club, certains d'entre vous se demandaient s'il y avait un intérêt à lire ce roman après avoir vu le film et donc en connaissant la fin. Il faut donc savoir que le film ne respecte pas la fin du livre...

Du côté des blogs de lecture, Fantasio a également bien aimé ce roman. Constance n'a pas accroché, mais elle est apparemment tombée sur une mauvaise traduction (avec la palme attribuée à club la Cogne pour traduire fight club...)
PS : j'ai eu du mal de trouver ce roman en librairie, car il était étrangement classé en science-fiction, à la différence des autres ouvrages de Palahniuk (un point qui a également étonné Fantasio).
5 31 juillet 2008
Fight Club - Chuck Palahaniuk

"La première règle du fight club est : il est interdit de parler du fight club."
Chuck Palahniuk, Fight Club.



















