La petite fille de Monsieur Linh - Philippe Claudel
Il y a des auteurs qui ont le chic pour réussir leur incipit. D'entrée de jeu, ils visent droit au coeur. Philippe Claudel est de ceux-là. Avec son roman, "La petite fille de Monsieur Linh", le fameux "contrat de lecture" (une bien vilaine expression), est signé dès la première phrase :
"C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul à savoir qu'il s'appelle ainsi car tous ceux qui le savaient sont morts autour de lui."
"La petite fille de Monsieur Linh" est un roman minimaliste. Peu de pages, petits chapitres, phrases courtes et surtout un minimum de détails sur les personnages ou les lieux du roman. On retrouve le procédé dans "Le rapport de Brodeck", mais légèrement moins prononcé. Cette apparente mauvaise volonté de l'auteur à répondre à la curiosité légitime de son lecteur (par définition, un lecteur est curieux non ?), est cependant plus qu'un effet de style : elle donne au roman son caractère de parabole, et accessoirement, donne libre cours à votre imagination...
Dans la première moitié du roman, Monsieur Linh fait la connaissance de Monsieur Bark. Bien que ne se comprenant pas, ils deviennent amis. Cette première partie, mêlant les souvenirs souvent douloureux des deux hommes et des moments d'amitié simples et touchants, est un petit régal de sensibilité et de légèreté.
En revanche, la deuxième moitié du roman est plus oppressante, très "Vol au-dessus d'un nid de coucou", et happe le lecteur jusqu'à son dénouement, qu'on espère de tout son coeur heureuse, mais que bien sûr... mais n'en disons pas trop sur la fin du roman, poignante, mais aussi très surprenante...
Sur les blogs de lecture, les commentaires sur ce livre sont généralement positifs. Fantasio (grand fan de Claudel), Philo, Tamara, Lillounette, Karine, Sylvie, Fashion, Papillon, Kalistina, Le Bibliomane, Cathe, Solenn, Amanda ont aimé. Jules n'a pas aimé (et se sent un peu seule tout d'un coup... ;).
"La petite fille de Monsieur Linh" de Philippe Claudel
Le livre de poche, 2005, 184 pages, 5.50 €
