16 02 novembre 2008
Le chemin des sortilèges - Nathalie Rheims
Pour résumer ce livre, j'aurais aimé connaître le prénom de la narratrice de ce roman écrit à la première personne, mais il me semble que ce prénom n'apparaît nulle part. Je pourrais l'appeler Nathalie tant le roman semble autobiographique, et me faciliter ainsi la tâche, mais ce serait renier l'aspect romanesque de l'ouvrage...
La narratrice donc, retrouve dans une maison isolée l'ami de sa mère disparue, un homme qu'elle n'a pas vu depuis 10 ans. Chaque jour, celui-ci dépose dans sa chambre un nouveau conte de fées : La Belle au bois dormant, Blanche-Neige, Le petit chaperon rouge.... Ces lectures enfantines réveillent de lointains souvenirs et marquent le début d'un long voyage intérieur.
Quand j'écris "long voyage intérieur", je tiens à préciser deux choses. D'abord, l'expression "voyage intérieur" n'est pas de moi mais de l'auteure : "Chaque histoire déposée dans ma chambre était une étape de ce voyage intérieur...". Ensuite, la longueur de ce voyage intérieur est toute relative. Le livre n'est en effet pas bien épais, et laisse présager d'un voyage intérieur plutôt bref. Et pourtant, j'ai personnellement trouvé le voyage très long, à tel point que j'ai été tenté plus d'une fois de laisser Nathalie Rheims arpenter toute seule son "chemin des sortilèges". D'ailleurs, peut-être aurais-je dû finalement ? Car étais-je réellement le bienvenu dans ce roman ? Nathalie Rheims semble trouver en cours de route beaucoup de réponses à de nombreuses questions. Mais elle semble se soucier assez peu de savoir si le lecteur possède tous les éléments nécessaires à la compréhension...
Le roman se présente comme un huis clos à l'écriture agréable que quelques brefs passages en extérieur permettent de rendre un peu moins étouffant. Le récit est parsemé d'extraits de contes de fées et les dialogues de la narratrice avec l'énigmatique Roland, figure de père-psychanalyste-gourou, donnent du rythme aux interrogations de la narratrice et aux interprétations des contes.
Vers la fin du roman, la narratrice se rebelle gentiment, et affrontant son interlocuteur du regard décide de rompre temporairement le dialogue. Elle écrit alors dans un éclair de lucidité : "Il me regarda un moment, attendant que je parle, mais je n'avais pas envie de lui dire des phrases vaines, qui resteraient comme autant d'interrogations inachevées." Des phrases vaines et des interrogations inachevées. C'est malheureusement, le sentiment que m'ont laissé ces dialogues. Vraiment dommage, car l'idée de départ du roman, cette sorte de psychnalyse à travers l'exégèse de contes de fées classiques, était plutôt intéressante, mais le résultat m'a semblé plutôt confus voire abscons.
Je referme ce roman avec la désagréable impression de n'être qu'une brute épaisse désespérement cartésienne, insensible à une atmosphère fantastique et des dialogues tout en retenue qui devraient sans mal trouver preneur.
Du côté des blogs de lecture, Clarabel semble avoir apprécié ce roman mais nous fait part tout de même de sa confusion, Leiloona a aimé mais a un peu regretté que l'auteure n'ait pas plus tiré parti des contes et Crapouillaud a été plutôt déçue par sa lecture.
Je remercie les éditions Léo Scheer et le site ChezLesFilles.com qui m'ont aimablement envoyé ce roman. Je leur adresse également mes excuses pour cette chronique peu flatteuse et espère qu'il ne m'en tiendront pas trop rigueur...
Commentaires
"n'être qu'une brute épaisse désespérement cartésienne" : en voilà une jolie excuse !!! :D
n'est-ce pas ? ;))
Étant dans une période "contes de fées" je crois que je lirai celui-ci bientôt, malgré les avis mitigés...
contes de fées
En train de le lire... Je doute qu'il me laisse un impérissable souvenir.
Quant au contes de fées... le livre de Bettelhem est nettement meilleur et passionnant.
Pour ne pas rester sur un avis mitigé au sujet de l'auteur, je pense lire également "le cercle de Megido"... le genre me conviendra peut-être mieux.
Je partage complètement cette impression de ne pas être la bienvenue dans ce roman... L'auteure ne s'est pas donnée la peine de nous fournir suffisamment d'explications pour apprécier avec elle ses découvertes. Le sujet était-il trop autobiographique?
Ce livre m'a aussi été proposé et je sentais qu'il n'allait pas trop me plaire. Le mot "cartésien" s'appliquerait-il aussi dans mon cas ou bien "intuition" (non cartésienne)? Les mots rêves et sortilèges ne m'attirent pas ! N'étant pas objective dès le départ, j'ai donc décliné l'offre.
Le livre de Bettelheim est à recommander.
Psychanalyse des contes de fées
Je note le "Psychanalyse des contes de fées" de Bettelheim. Je viens de me renseigner un peu sur ce livre suite à vos commentaires. Intéressant en effet.
je pensais que "calepin" était homme, que fait-il "chez les filles" :-)
Je viens de le recevoir, je me plonge dedans dès ce soir. Je lirai ton billet après. Saluti !
Non à la discrimination
Thaïs, cela montre simplement l'ouverture d'esprit du site ChezLesFilles.com ... ;)
Bonne lecture !
Un livre qui aurait pu me plaire mais les avis me font penser que ce n'est pas une lecture des plus prioritaire !
J'ai aussi reçu ce bouquin. Pour ma part je l'ai bien aimé malgré une fin assez frustrante. En fait ce livre est tout simplement trop court pour permettre de développer ce sujet ambitieux.
http://lefantasio.com/index.php?2008/11/07/700-rheims-nathalie-chemin-des-sortileges-le-editions-leo-scheer
J'aime les brutes épaisses de ton accabit !!!
Ton billet est bien plus intéressant à lire que le livre, c'est là tout le paradoxe...
Je suis tout à fait d'accord avec Liliba !
@ La liseuse : aucun doute là-dessus, il y a des lectures largement plus prioritaires !
@ Fantasio : rdv sur ton blog
@ Liliba et @ Lou : C'est pas sympa pour le livre ça... ;)
ce texte a trouvé preneur sans mal chez moi...
J'ai aimé me glisser dans cette ambiance surnaturelle et onirique pour suivre la narratrice dans ses tentatives de vivre les deuils multiples qui jalonnent sa vie.
J'ai aimé entendre les voix des vivants et des morts se mêler aux chuchotements des rêves, des cauchemars et des personnages de contes...
je n'ai pas du tout aimé ce livre; j'en ai d'ailleurs fait la critique négative sur mon blog


















