29 juin 2009
La joueuse d'échecs - Bertina Henrichs
"La joueuse d'échecs" : voici un titre qui fait inévitablement penser au roman de Stefan Zweig, "Le joueur d'échecs". On se surprend du coup à jouer au jeu des comparaisons, pour se rendre compte assez rapidement que le petit format est à peu près le seul point commun entre ces deux livres. On retrouve certes l'aspect "addictif" (comme on dit maintenant) des échecs, mais pour le reste, les deux romans sont vraiment très différents...
Là où Zweig faisait des échecs un jeu un peu inquiétant et plutôt "désociabilisant", Bertina Henrichs en fait un moyen d'émancipation pour son héroïne, la discrète Eleni, habitante de la petite ïle grecque de Naxos. Les échecs sont ici un prétexte pour aborder le sujet de la condition féminine, sur un ton léger et ironique (surtout envers la gente masculine, qui en prend pour son grade, de manière assez amusante). On est loin du roman de Zweig, qui est tout sauf léger...
En tant que joueur d'échecs, je n'ai encore une fois pas pu m'empêcher de prendre le thème des échecs au pied de la lettre, et de surveiller de près la manière dont la question était traitée. J'ai été surpris de constater que Bertina Henrichs maîtrisait vraiment le sujet : bonne documentation ou témoignage d'une authentique joueuse d'échecs, je l'ignore. On retrouve en tout cas quelques phases de jeu très réalistes et beaucoup de noms d'ouvertures. L'état d'esprit du joueur d'échecs pendant la partie est bien retranscrit, du choix de l'ouverture, parfois guidé par des critères affectifs plus que stratégiques ou tactiques, jusqu'à ce profond détachement, cette étonnante coupure avec le monde extérieur si caractéristique au jeu.
"Précautionneusement, elle avançait son premier pion et pénétrait alors dans l'espace qu'elle avait fait sien, celui des soixante-quatre cases qui, pour quelques heures, se substituerait au monde." (p.138)
En refermant ce roman, le mot qui m'est venu à l'esprit était "charmant". L'écriture, le ton, l'histoire, tout est charmant dans ce gentil roman...
Du côté des blogs de lecture, les avis de Laurence et de Leiloona.
"La joueuse d'échecs" de Bertina Henrichs
Livre de poche, 156 pages, 5 €.
22 juin 2009
La plus belle histoire du monde - Rudyard Kipling
Il y a quelques mois, je lisais dans les commentaires laissés sur un blog, l'intervention d'une blogueuse qui trouvait que les blogs de lecture lisaient tous les mêmes livres, et qu'au vingtième billet sur le même roman, elle avait tendance à ressentir une certaine lassitude... Il est en effet inévitable que les plus gros succès de librairie se retrouvent souvent sur les blogs (cela n'empêche cependant pas chaque blog de se distinguer avec des lectures un peu plus confidentielles qui font la diversité et la richesse de la blogosphère "littéraire").
Me remémorant la réflexion de cette blogueuse, je me disais en lisant "La plus belle histoire du monde" de Kipling il y a quelques semaines, qu'en publiant un billet sur cette nouvelle, je contribuerais peut-être à briser sa monotonie (à condition qu'elle fréquente ce blog...), puisque je n'avais jamais lu de chronique sur ce texte de Kipling...
Hélas pour toi, blogueuse inconnue, lorsque je finissais ma lecture de cette courte nouvelle, j'étais loin d''imaginer que dans les jours qui suivraient, Pagesapages, Lou, Leiloona et Cécile publieraient chacune un billet sur cette même nouvelle. Pour ce qui est de l'originalité... Comme il y a cependant autant d'avis que de lecteurs, et que chacun peut apporter sa pierre (très modeste en ce qui me concerne) à l'édifice, je vous livre tout de même le mien (d'avis) sur cette nouvelle de Kipling, rééditée chez André Versaille éditeur...
"La plus belle histoire du monde" relate la rencontre entre un écrivain et un jeune commis Londonien, Charles Mears. Ce dernier fait part à son ainé des premiers chapitres d'un récit si précis, si réaliste, que l'écrivain acquiert la certitude que le jeune homme ne peut qu'avoir vécu les faits dans une précédente incarnation...
"Voici que m'était donné, à moi entre tous les hommes, la chance d'écrire le plus merveilleux récit du monde, tout simplement l'histoire d'un galérien écrit par lui-même. Rien d'étonnant, en effet à ce que son rêve eut sembler réel à Charlie. Les Parques, si soigneuses en général, de clore derrière nous les portes de nos vies successives, avaient été cette fois-ci négligentes, et le regard de Charlie plongeait, bien qu'il ne s'en rendît pas compte, là où nul homme n'avait eu la fortune de voir en pleine connaissance de cause depuis le commencement des temps." (p.34)
Kipling, certainement inspiré par ses origines indiennes, tente d'expliquer le processus de la création littéraire par le biais de la métempsychose, dans une nouvelle qui flirte donc avec le fantastique, écrite dans un style délicieusement suranné, notamment dans la conduite des dialogues.
Un peu suranné également, la place de la femme dans cette nouvelle, réduite à l'état de tentatrice pouvant seule rompre le charme de l'inspiration littéraire, s'inspirant peut-être de la symbolique du fruit défendu...
Finalement, s'il ne donne pas les clés pour écrire la plus belle histoire du monde, ni n'explique d'où vient cette fameuse inspiration, Kipling parvient cependant à mettre des mots sur cette impression de perfection presque surnaturelle qui effleure parfois le lecteur, et que les écrivains semblent ressentir comme un véritable état de grâce.
"La plus belle histoire du monde" de Rudyard Kipling
André Versaille éditeur, 93 pages.
15 juin 2009
Facebook - Et moi ! Et moi ! Et moi! - Nina Testut
"Facebook - Et moi ! Et moi ! Et moi !" est un livre sur le plus célèbre des réseaux sociaux. Mais comment juger un livre sur Facebook lorsque l'on ne l'utilise pas ? C'est la question que je me suis posée avant même de commencer ma lecture, et il a bien fallu que je trouve une solution à cet épineux problème afin de rester conforme à la rigueur éditoriale qui caractérise ce blog...
Première solution : profiter de l'occasion pour ouvrir un compte sur Facebook
Une solution élégante, mais un peu artificielle, puisqu'essentiellement motivée par la curiosité. Cette position m'aurait d'ailleurs placée dans la situation du "passager clandestin", si j'en crois la classification des utilisateurs de Facebook proposée par Nina Testut, une situation peu glorieuse qui ne m'aurait certainement pas permis de juger des immenses possibilités offertes par le site, puisque mon compte serait très certainement resté désespérément vierge des fameux "amis" nécessaires à son bon fonctionnement. Une solution bien vite [1] abandonnée.
Deuxième solution : squatter un compte Facebook
Solution moins élégante, mais diablement rapide et efficace. Pas de formulaire d'inscription, pas de recherche fastidieuse d'"amis", pas de bidouillage de son profil. J'ai donc réussi à force de persuasion à obtenir les identifiants de ma femme, pour me connecter à son profil et voir enfin à quoi ressemblait ce fameux temple du Web 2.0. J'ai ainsi pu découvrir l'interface assez sobre de Facebook, lire les "statuts" plus ou moins inspirés des quelques "amis" de mon épouse, et apprécier les nombreuses sollicitations du site, dont celles de curieuses "applications" dont les intitulés ( "Es-tu un psychopathe" ou "Quel personnage de Walt-Disney serais-tu"...) m'ont souvent laissés dubitatifs... Ayant ainsi pu me faire une rapide idée de Facebook, je pouvais commencer sereinement ma lecture du "docu-fiction" de Nina Testut...
Le livre de Nina Testut est un curieux mélange d'essai, avec ce qu'il faut de références et de chiffres édifiants (on y apprend notamment que Facebok compte plus de 5 millions d'utilisateurs en France), et de fiction, avec une galerie de personnages, tous utilisateurs de Facebook. Ces personnages utilisent chacun le réseau social à leur façon, une manière assez souple de présenter les différentes catégories d'utilisateurs. Chaque personnage présente ses opinions ou ses états d'âme à la première personne, sous forme de courts chapitres, commençant la plupart du temps pas "Je suis ..." afin de rappeler au lecteur s'il en doutait que l'on est bien dans le règne du Moi surdimensionné.
Je me permets de relever ici le principal défaut du livre : j'ai été un peu gêné que les différents personnages s'expriment tous plus ou moins de la même manière. L'auteur leur a prêté à tous à peu près le même langage "djeune" avec des choper, kiffer et autre glamour, un peu répétitifs et irritants à la longue. Je veux bien croire que Facebook est majoritairement utilisé par les moins de 30 ans, mais était-il nécessaire de caricaturer le langage à ce point ?
Passé ce détail (et quelques anglicismes peut-être pas toujours justifiés), le livre est très intéressant pour un novice (comme moi). Il doit l'être également pour un utilisateur confirmé qui pourra certainement se reconnaître dans la galerie de personnages proposés par l'auteur.
Parmi les surprises de l'ouvrage, j'ai appris avec tristesse qu'à plus de 30 ans, j'étais un vieux crouton sur Facebook, j'ai également appris que le nombre d'amis moyens sur le réseau atteignait le chiffre hallucinant de 120, ce qui m'a fait me poser des questions sur ma sociabilité avec ma dizaine de véritables amis dans la "vraie" vie...
Twitter - Et moi ! Et moi ! Et moi !
Enfin, j'ai apprécié les analyses pertinentes qui clôturent chaque chapitre (je n'ose imaginer le nombre d'heures qu'a dû passer Nina Testut sur Facebook pour faire ainsi le tour de la question...). Beaucoup de ces analyses peuvent s'appliquer à d'autres réseaux sociaux que Facebook, dont le fameux Twitter, très à la mode en ce moment. A propos de Twitter, et pour vous dire à quel point je ne suis pas à une contradiction près, je m'y suis inscrit il y a quelques semaines, poussé par la curiosité. On pourra (à juste titre) faire de nombreux reproches à Twitter, on pourra au moins lui épargner celui du "hold-up sémantique", car ici les "amis" sont un peu plus sobrement nommés des "followers" [2] ...
"Facebook - Et moi! Et moi! Et moi!" de Nina Testut (2009)
Editions Hoebeke, 190 pages, 17 €
[1] et provisoirement...
[2] un anglicisme difficilement traduisible pour le coup. De l'anglais to follow : suivre.
08 juin 2009
Un moteur de recherche pour les blogs de lecture
Lorsque vous recherchez une fiche de lecture ou un livre sur Google ou sur Bing, vous savez tous que l'on est rapidement submergé par le nombre de réponses, plus ou moins pertinentes. Pour éviter cela, j'ai bricolé un moteur de recherche personnalisé qui permet d'effectuer ce type de recherches uniquement parmi des blogs de lecture. La liste comporte 327 blogs à ce jour, mais je la mets régulièrement à jour. Cet outil est à votre disposition sur cette page.

Cliquer pour accéder au moteur de recherche
Petite précision : ce moteur n'indexe que les "blogs de lecture", c'est à dire uniquement des blogs publiant régulièrement des chroniques de lecture. Les blogs de chroniques littéraires, les blogs d'auteurs, les blogs d'écriture, les blogs de poésie, bref les "blogs littéraires" purs, ne sont volontairement pas indexés. De même pour les blogs sur l'édition, les blogs BD, les blogs sur la littérature jeunesse, sur le livre numérique, sur les bibliothèques, qui font aussi partie de mes favoris, mais pas de ce moteur..
05 juin 2009
L'avant-dernière chance - Caroline Vermalle
Comme beaucoup, je me suis toujours dit qu'un livre qui arborait fièrement le bandeau écarlate d'un prix littéraire fraîchement acquis ne pouvait être complètement mauvais. Profitant de cette attitude répandue, les prix littéraires ont fleurit ces dernières années, à tel point que les origines de beaucoup d'entre eux sont parfois un peu obscures. Une petite visite sur le site prix-littéraires.net, qui recense plus de 1300 prix littéraires, finira de vous convaincre (s'il en était besoin) de l'ampleur du phénomène. Dans cette longue liste de prix, on peut trouver le Prix Nouveau Talent, prix dont s'enorgueille le roman de Caroline Vermalle, "L'avant-dernière chance". Mais qu'est-ce qui se cache derrière ce nouveau prix littéraire ?
Si l'on cherche un peu, on découvre dans les dernières pages du livre que ce prix récompense un premier roman intégrant le langage SMS et les messageries instantanées et qu'il est en grande partie financé par Bouygues Telecom...
Quoi !? J'ai entre les mains un livre de promotion du langage SMS, ce langage honni qui pourrit le niveau en orthographe de nos lycéens et pollue les commentaires des blogs high-tech (un peu moins les blogs de lecture), un prix qui plus est financé par un opérateur téléphonique pour des raisons assurément plus mercantiles que littéraires ?
Vous aurez compris que, quitte à passer pour un vieux débris (37 ans depuis peu), je ne suis pas un fan du langage SMS : lorsque j'envoie un texto, je fais partie de ces maniaques qui soignent leur orthographe, mettent des majuscules aux noms propres et des accents si nécessaire.
J'ai donc commencé ma lecture, le stylo entre les dents, prêt à dégainer à la première fausse note, mais au bout de quelques pages, j'ai pu faire trois constatations étonnantes :
1.Caroline Vermalle n'a pas écrit son roman en langage SMS.
Les SMS qui, conformément au contrat, sont présents dans le récit, sont logiquement rédigés en langage SMS, mais le texte est, contre toute attente, rédigé dans un français correct. Les quelques SMS présents sont de plus tous traduits. Une bonne surprise.
2.Caroline Vermalle a respecté son contrat, mais elle l'a respecté intelligemment.
Pour tout dire, si j'avais fait partie du jury chargé de sélectionner le meilleur roman en compétition pour le Prix Nouveau Talent, j'aurais très certainement voté pour ce bouquin. C'est intelligent parce que le récit met en scène un grand-père et sa petite-fille, et qu'en mettant en scène des personnages jeunes (qui utilisent naturellement les SMS), mais surtout d'autres beaucoup moins jeunes (un marché à conquérir pour un opérateur téléphonique), elle cible les bonnes personnes. Le roman prend parfois des airs de manuel à l'usage du débutant en langage SMS, mais cela est fait avec naturel et humour, et il est bien connu que pub et humour font en général un ménage heureux.
3.Caroline Vermalle aime les vieux.
Mais je suis vraiment injuste avec l'auteur d'insister aussi lourdement sur l'aspect un peu promotionnel de ce livre, car le roman est vraiment sympa, plein d'humour et de bonne humeur. C'est un roman sur l'amitié, un peu franchouillard. Sur cet aspect, il me fait un peu penser au film "Bienvenue chez les Ch'tis" de Dany Boon : pour vous faire une vague idée du roman, vous pouvez déplacer l'action du film en Bretagne et ajouter une quarantaine d'années aux personnages. C'est aussi un roman sur la vieillesse et l'indifférence. Le regard de l'auteur sur ses ainés, plein de tendresse, est parfois surprenant d'empathie pour une auteur si jeune (35 ans, comme moi...).
Le roman, malgré ce thème qui peut (à tort bien sûr, c'est la leçon du livre) rebuter, reste un livre très facile, certes plein de bons sentiments, mais une bonne lecture de vacances (week-end de Pentecôte approved), drôle, légère et divertissante.
Un roman qui a fait l'objet de commentaires plutôt positifs sur les blogs de lecture, notamment chez Lou ou chez Chris89, ou chez Frisette. On peut lire un avis un peu plus mitigé chez Sylire.
"L'avant-dernière chance" de Caroline Vermalle (2009)
Calmann-Lévy, 246 pages, 8.90 €
Merci à Caroline Vermalle, qui a bien voulu prendre le risque de m'envoyer son roman :)
29 mai 2009
La solitude des nombres premiers - Paolo Giordano
Mattia et Alice sont deux adolescents au même passé douloureux : Mattia se sent responsable de la disparition de sa soeur jumelle et en garde les stigmates, Alice met sur le compte de son père le grave accident de ski dont elle garde les séquelles physiques et morales. Tous deux ont été transformés par ces drames, qui les rendent solitaires et uniques, comme les nombres premiers...
"La solitude des nombres premiers" est le premier roman de l'italien Paolo Giordano, jeune auteur (photo ci-dessous pour vous mesdames...) né en 1982, diplômé en physique théorique. On ne pourra s'empêcher de penser qu'il y a un peu de Paolo dans le personnage de Mattia, jeune scientifique talentueux et replié sur lui-même.

Ce roman a rencontré un grand succès en Italie et a valu à son auteur le prestigieux Prix Strega en 2008, un prix dont la liste des lauréats pourrait enrichir aisément votre Liste de Lectures... En France, il a été accueilli de manière plutôt enthousiaste par les blogs de lecture. Alors, que penser de ce roman ?
Commençons par le plus évident : l'écriture. Elle est limpide et il faut reconnaître que Paolo Giordano a un indéniable talent pour décrire les sentiments avec des mots simples et justes. Les atmosphères sont également clairement reproduites, les ambiances sonnent juste.
En revanche, le récit frôle tout de même dangereusement le mélodrame... Dépeindre les affres de l'adolescence et la difficulté de communiquer par le biais d'une jeune fille anorexique et d'un surdoué asocial dont la soeur est handicapée mentale... n'est-ce pas utiliser de bien grosses ficelles pour arriver à ses fins ? De plus, ce couple singulier que la vie s'acharne à séparer, mais que le destin réunit, pour mieux séparer... seule la sobriété de l'écriture de Paolo Giordano parvient à faire taire les violons langoureux que l'on craint parfois d'entendre... L'auteur parvient cependant à éviter cet écueil et fait même preuve d'une certaine maitrise dans la conduite de la fin du roman, qui aurait facilement pu tourner au ridicule...
En fait, je ne sais pas trop que penser de ce roman avec le recul (je l'ai lu il y a plusieurs jours, je crois qu'il est assez prudent d'éviter de rédiger son billet "à chaud" pour ce genre de romans a priori bouleversants : le recul modère souvent l'enthousiasme que l'on peut ressentir sur le moment...). Je ne parviens pas à comprendre si l'auteur a délibérément cherché à faire pleurer dans les chaumières ou s'il a simplement voulu nous livrer un roman sincère sur la difficulté de vivre de personnages singuliers... A vous de trancher.
"La solitude des nombres premiers" de Paolo Giordano (2009)
Seuil, 329 pages, 21 €
Ce roman m'a été aimablement envoyé par Suzanne de Chezlesfilles.com, que je remercie.
27 mai 2009
Autoportrait d'un lecteur [tag]
Parce qu'un blog sans tag [?] est aussi absurde qu'un poisson sans bicyclette (Desproges), voici un questionnaire sur mes habitudes de lecteur. Un tag aimablement adressé par Fantasio.
Plutôt corne ou marque-page ?
Comme beaucoup, je respecte suffisamment les livres pour éviter de corner les pages. Je n'aime pas trop les marque-pages décoratifs qui sont souvent un peu trop épais et déforment les bouquins. Mon marque-page idéal est une simple feuille de papier sur laquelle je peux laisser quelques notes. Une page de calepin fait très bien l'affaire (ha ha).
As-tu déjà reçu un livre comme cadeau ?
Mon entourage sait depuis longtemps qu'il est facile de me faire plaisir en m'offrant un livre. Le livre est donc pour moi et depuis de nombreuses années un cadeau incontournable et je ne m'en plains pas. Je crois que le moment est d'ailleurs opportun pour glisser un lien vers ma liste cadeaux sur Amazon et rappeler à mes proches que mon anniversaire est dans trois jours... :-)

As-tu déjà pensé écrire un livre ?
A force de vivre accompagné de livres, l'idée vient forcément un jour ou l'autre de tenter l'expérience de l'écriture. J'ai écrit quelques textes courts, mais le résultat n'est pas concluant. Actuellement, mes efforts d'écriture sont essentiellement tournés vers ce blog, que j'essaie de rendre aussi lisible que possible. Cet exercice d'écriture régulier est d'ailleurs pour moi l'un des bienfaits d'un blog, surtout lorsque l'on exerce comme moi une profession dans laquelle on écrit assez peu...
Lis-tu dans ton bain ?
Franchement, avez-vous déjà essayé de lire dans un bain ? Même avec un repose-livre spécialement étudié pour l'exercice, lire dans son bain est assez périlleux (pour le livre). A part une version plastifiée de Tchoupi, je ne vois pas ce que l'on peut raisonnablement lire dans son bain.

As-tu un livre culte ?
Je n'aime pas trop cette expression de "livre culte", mais ce qui s'en approche le plus pourrait être "Les frères Karamazov" de Fédor Dostoïevski.
Aimes-tu relire ?
Oui. Et quoi de plus naturel après tout ? On réécoute la musique que l'on aime, on revoit ses films favoris, pourquoi ne relirait-on pas ses romans préférés ? J'ai ainsi relu dernièrement "Génération X" de Douglas Coupland, et je relis en ce moment certains passages de "Une partie du tout" de Steve Toltz (billet toujours en gestation).
Que penses-tu des séries en plusieurs tomes ?
Je n'ai pas d'idées préconçues sur les séries en plusieurs tomes. Il semble que l'on assimile souvent les séries à une exploitation mercantile d'un filon littéraire, mais le passé, avec Zola ou Proust pour prendre les exemples les plus célèbres, nous montre que quantité peut parfois rimer avec qualité...
Rencontrer ou pas les auteurs de livres qu'on a aimé ?
Mes lectures sont une source d'inépuisables questions auxquelles seuls les auteurs pourraient répondre. Le processus d'écriture d'un roman, des précisions d'ordre biographiques ou historiques, autant de questions, parfois très personnelles, qu'il ne doit pas être si facile de poser en réalité...
Comment choisis-tu tes livres ?
Depuis quelques temps, ce sont essentiellement mes visites sur les blogs de lecture qui guident mes choix de livres. Mais du coup de coeur dans une librairie à l'ouvrage mentionné dans un roman, les moyens de choisir mes lectures sont nombreux.
Une lecture inavouable ?
Pas vraiment. Bon, j'avoue avoir lu les "Confessions d'une accro du shopping" de Sophie Kinsella plutôt discrètement, mais à part cela, rien de bien méchant...
Un livre idéal pour toi ce serait ?
Le livre idéal serait un livre profond, plein d'esprit, érudit sans être pédant, magnifiquement écrit tout en restant accessible, intemporel plutôt qu' "à la mode", avec quelques pointes d'humour aussi. Un mélange de Dostoïevsky et de... Steve Toltz, par exemple.
Aimes-tu parler de tes lectures ?
A votre avis ?
Des endroits préférés pour lire ?
L'avion (exceptionnellement), le train, un canapé confortable, mon lit.
Télé, jeux vidéo ou livres ?
En temps passé, la lecture arrive assez logiquement loin devant.
Lire en musique ou en silence ?
Plutôt en silence (parfois relatif) sauf pour certains livres légers, qui demandent peu d'effort de concentration...
Lire par dessus l'épaule ?
Ma curiosité ne va pas plus loin qu'un discret regard sur le titre du livre.
Lire un livre électronique ?
Pourquoi pas. J'ai testé la lecture sur livre électronique : c'est assez confortable, mais pas encore tout à fait au point. Des lenteurs subsistent, les pages ont un aspect grisâtre un peu triste. Les contenus sont assez rares et chers. Il est cependant évident que ces appareils vont encore progresser. Lorsqu'ils seront plus rapides, que l'affichage sera comparable à un très bon papier, qu'ils auront la couleur (c'est pour bientôt) et que les designers auront trouvé le moyen de nous faire oublier la froideur de l'objet (ce n'est pas impossible : regardez ce qu'Apple est capable de faire avec ses iPod ou son iPhone...), lorsque les prix de l'engin et des contenue seront plus raisonnables... il n'est pas impossible que je fasse quelques infidélités au livre papier...
Livres empruntés ou livres achetés ?
Les deux.
Quel est le livre que tu lis actuellement et quel sera le prochain ?
En ce moment, je lis "L'avant dernière chance" de Caroline Vermall. Ma prochaine lecture pourrait être "La plus belle histoire du monde" de Rudyard Kipling ou "Facebook. Et moi! Et moi! Et moi!" de Nina Testut.
As-tu déjà abandonné la lecture d'un livre ?
Oui, j'ai même quelques exemples sur le blog...
Quel est le premier livre que tu as adooooooooooooré d'amour ?
Si mes souvenirs sont exacts, il pourrait s'agir de "L'écume des jours" de Boris Vian, qui m'avait laissé un sentiment de fascination comme seuls les adolescents peuvent concevoir...
***
Puisqu'il est de bon ton de refiler les tags à d'autres blogueuses et blogueurs, je me permets d'adresser ce questionnaire à deux blogueuses dont j'ai découvert les blogs récemment (il me semble que la plupart d'entre vous ont déjà été contaminés par ce tag) : Lucile et Fée Bourbonnaise si elles ne sont pas allergiques à l'exercice...
18 mai 2009
Les mains nues - Simonetta Greggio
Voici un court roman plutôt bien écrit, par une auteur qu'on imagine sensible. Mais le sujet, le caractère intimiste, le rythme un peu trop paisible ne m'ont pas vraiment passionné. Un mot de l'histoire : le récit se présente comme une confession, écrite à la première personne par Emma, vétérinaire de campagne âgée d'une quarantaine d'année. Sa vie laborieuse de célibataire solitaire va se trouver chamboulée par l'irruption de Giovanni, jeune fugueur de 14 ans, dont elle connaît les parents pour avoir été l'amant de l'un et l'amie de l'autre. Emma et Giovanni vont devenir très proches, trop proches aux yeux de la société, puisqu'il y aura un procès...
Un roman qui trouvera sans nul doute son public (la preuve chez Lily) mais qui m'a laissé de marbre : une absence de sensibilité toute masculine ?
"Les mains nues" de Simonnetta Greggio (2009)
Editions Stock, 170 pages, 16 €
Un roman lu dans le cadre du Prix de la Révélation auFeminin.com
"Les mains nues" fait partie des quatres romans finalistes pour le prix.
16 mai 2009
Il était une fois peut-être pas - Akli Tadjer
Mohammed est gaga de Myriam, sa fille. Il la cajole, la protège, lui raconte des histoires. Myriam a 20 ans, mais quand on aime, on ne compte pas. Quand Myriam présente Gaston à Mohammed, on ne peut pas dire que ce dernier soit franchement emballé. Il le sera encore moins, lorsque Myriam lui demandera d'accueillir Gaston et de veiller sur lui...
"Elle a continué à rire. J'ai continué à me moquer de son gus.
-Un français de souche que tu es allée me pêcher. Un noir, un jaune, même un bronzé comme nous, j'aurais fermé les yeux, mais un Gaston Leroux, blanc comme la cuvette des chiottes, franchement, tu te fiches de moi.
-Tu m'as appris que la beauté venait de l'addition des antagonismes. il n'y a pas plus différent que Gaston et moi. Tu devrais être content. Il ne suffit pas d'avoir des belles idées. Il faut les assumer.
Elle a calé sa tête sur mon épaule. J'entendais battre son coeur.
-Qu'est-ce que je vais faire de lui ? j'ai demandé."

"Il était une fois peut-être pas" commence donc légèrement, avec cette histoire somme toute classique de possible beau-père forcé de partager son quotidien avec un possible gendre. Une impression de légèreté renforcée par le ton du narrateur, plein d'humour et de "gouaille parigote" : cela donne une écriture un peu familière, mais imagée et vivante : on aime ou pas.
La confrontation Gaston/Mohammed pour véhiculer un message de tolérance peu paraître un peu facile et caricaturale, mais elle constitue une trame suffisamment solide pour le roman. Celui-ci gagne en profondeur et en gravité avec ces fameux contes et légendes qui donnent son titre au roman et par lesquels font irruption dans le récit des faits historiques souvent tragiques et violents : le décret Crémieux, les horreurs de la guerre d'Algérie, les violences du GIA dans les années 80...
Une gravité toute relative, si l'on considére encore une fois le style du narrateur. Voici un extrait (Mohammed relate des faits qui se déroulent à la fin du 19ème siècle) : "De son côté Simon qui ne se résolvait pas à son job de régisseur, draguait sans vergogne sa patronne. Et ce n'était pas les râteaux à répétition qu"il se gauffrait qui le dissuadaient de lâcher la partie..."
A propos du style, cet autre extrait : "Moi je préfère Mohammed. Lui il parle avec des mots d'aujourd'hui. Ca va vite, il fait swinguer les phrases et les mots d'argot. Toi, tes mots ils sentent la naphtaline, a miaulé Lucifer". Affaire de goûts bien sûr. En ce qui me concerne, et même s'il peut s'agir d'une vision un peu archaïque de la littérature, je n'ai rien contre la légère odeur de naphtaline de mots bien établis, voire un peu désuets, qui savent tout aussi bien "swinguer" lorsqu'il le faut...
"Il était une fois peut-être pas" de Akli Tadjer (2009)
Editions JC Lattès, 326 pages, 17 €
Un roman lu dans le cadre du Prix de la Révélation auFeminin.com
"Il était une fois peut-être pas" fait partie des quatres romans finalistes pour le prix.
07 mai 2009
La tête dans les nuages avec Wordle
Comme Jean Véronis avait l'air de bien s'amuser avec ses nuages, ça m'a donné envie de m'y mettre aussi. Je n'ai ni les connaissances, ni les outils de Jean, mais je me suis dit que je pourrais peut-être obtenir quelque chose d'intéressant. Pour ne pas faire de nuages trop idiots, je me suis mis en tête d'analyser le contenu de mon blog afin de le comparer avec le nuage réalisé par Jean des mots les plus cités sur les blogs littéraires, reproduit ci-dessous :
Comme je me suis pris au jeu, j'ai poursuivi l'expérience en comparant les contenus de quelques blogs de ma blogroll : il s'agit des blogs de Cuné, de Fashion et d'Ys (j'en aurais bien choisi plus, mais mine de rien, on passe vite beaucoup de temps à bricoler ces nuages). Comme pour le nuage ci-dessus, les messages passés à la moulinette sont ceux des deux derniers mois. Mais trêve de bavardage, voici le résultat en image :
Mon nuage (un clic dessus pour agrandir)
Le nuage de Cuné
Le nuage de Fashion
Le nuage d'Ys
Méthode (tutoriel un peu indigeste, je ne vous en voudrai pas si vous zappez cette partie...)
Les nuages ont été réalisés avec Wordle. Si vous vous rendez sur le site, vous constaterez que vous pouvez facilement créer des nuages en réalisant un copier/coller d'un texte ou en saisissant l'adresse de votre blog. Mais le résultat obtenu par cette méthode n'est pas très intéressant, car les mots pris en compte par Wordle ne sont pas forcément pertinents et vous vous retrouvez avec un nuage faisant ressortir adverbes et autres conjonctions...
Pour obtenir des nuages un peu plus intéressants, j'ai utilisé une autre application en ligne, Textanalyser, dans laquelle j'ai copié/collé l'intégralité des messages des deux derniers mois pour chaque blog. Pour les réglages, il faut analyser au moins 200 mots, puis cliquer sur Analyser le texte. J'ai ensuite recopié les résultats obtenus, mais en interprétant un peu les résultats : j'ai écarté les adverbes et certains mots à faible valeur ajoutée (il doit y avoir un terme technique pour ce genre de mots...). J'ai également réuni quand je le pouvais noms et prénoms. Finalement, il faut obtenir un tableau faisant apparaître les mots et leur fréquence, ce qui donne ça :
roman:71
histoire:54
texte:45
livre:34
...
Ensuite, j'ai copié/collé ce tableau (70 mots par nuage) dans la version avancée de Wordle, et c'est seulement à ce stade que l'on peut jouer avec les couleurs et les polices et fabriquer de jolis nuages. Ouf.
Si vous souhaitez voir ou manipuler ces données, voici les liens vers les fichiers que j'ai utilisés :
Fichiers de messages pour Textanalyser : Calepin - Cuné - Fashion - Ys
Fichiers de données pour Wordle advanced : Calepin - Cuné - Fashion - Ys
Observations et commentaires
Cuné a un nuage plutôt homogène et typé littérature (roman, livre, histoire, pages, etc. sont bien visibles). Elle est dans une période Dickens, qui explique la présence de Chadband, de Snagsby et d'anglais dans son nuage. Plaisir est en bonne place, c'est plutôt bon signe non ?
Le nuage de Fashion est facilement reconnaissable : le "chers happy few" présent dans beaucoup de ses messages a laissé des traces ! Sinon, on remarque saison ainsi que épisodes, Docteur et Torchwood : Fashion a beaucoup regardé la télé en mars...
Ys a un nuage très homogène, bien ciblé littérature (comme pour Cuné, on retrouve roman, histoire, livre et pages), quoique film soit assez visible. Un détail rigolo : homme et son pluriel sont très visibles : ne s'agit-il vraiment que d'un tic de langage ?
Pour finir, mon nuage fait beaucoup ressortir les noms d'auteurs et titres de romans : cela s'explique par le fait que je publie beaucoup moins de messages que mes amies blogueuses (qui a dit que c'était comme cela que l'on reconnaissait un blog de mec ?), du coup ces éléments prennent plus d'importance. Sinon, Roman est très visible, il n'y a pas tromperie sur la marchandise lorsque vous vous rendez sur Romans et Lectures...
Conclusion
Après avoir longtemps joué avec ces chiffres et ces nuages, j'ai trouvé que l'analyse de textes, même réalisée par un amateur avec des moyens très basiques, se révélait être un moyen d'investigation assez étonnant et indiscret : on y décèle les habitudes, bonnes ou mauvaises, les centres d'intérêt, les tics de langage (assez flagrant pour les adverbes avec Textanalyser : il faut vraiment que je cesse d'employer vraiment à tout bout de champ...), etc. Il est également assez facile de faire de la psychologie de bas étage avec ces données. En conclusion, des résultats plutôt instructifs et surprenants : des outils à tester si votre emploi du temps déjà surchargé vous le permet encore...






















